vendredi 1 mai 2009

Être désagréable dans la vie


Je suis un rabat-joie. Je veux dire, je suis négatif, c’est officiel. Je suis une personne hautement désagréable. Mais en ces jours ensoleillés qui m’emmerdent et qui me font regretter l’hiver, j’me rends compte à chaque microscopique seconde à quel point c’est chiant d’être le demi homme que je suis. Des exemples?
Quand ma petite fille s’émerveille devant des moustiques, moi j’arrête pas de penser au fait que ces salaud peuvent me transmettre le sida ; quand je vois des verres de terre séchés sur l’asphalte, j’me dis qu’ils sont cons, qu’ils méritent leur sort et qu’avec le temps, ils devraient apprendre à pas trop s’éloigner de leur chez soi ; quand je tombe sur une femme enceinte, je peux juste penser au fait que la petite dame est plus vierge et j’me demande dans quelle position elle a conçu le bébé ; si un copain se trouve un nouveau travail, je prie pour qu’il gagne moins d’argent que moi ; s’il se déniche une nouvelle copine, j’espère de tout mon cœur noir qu’elle sera aussi moche qu’un camion en panne dans le désert ; quand quelqu’un fait caca chez moi, j’aime lui faire remarquer que ma salle de bain fut déclarée zone sinistrée pendant une semaine ; quand un hippie tente de me conscientiser sur le réchauffement planétaire, moi j’me dis juste que ça va me faire moins de vêtements chauds à acheter ; si on me conseille d’aller voir un film, je fais exprès pour voir celui qui joue dans la salle à côté ; si ma conjointe vomit, je monte le son de la télé ; j’me dis que l’avantage avec les enfants moches, c’est qu’ils se trimballent aucune chance de se faire kidnapper ; quand j’éjacule rapidement, j’me rassure en me disant que moi j’ai eu du plaisir et que c’est le plus important ; j'exige toujours des sacs en plastique à l'épicerie ; si je croise une personne aveugle, je lui parle automatiquement plus fort ; quand je rencontre une lesbienne, j’espère la chavirer et la faire changer d’orientation ; si je tombe sur une ancienne copine, j’me croise les doigts pour qu’elle ait pris trois cents livres et que son nouveau copain ait un micropénis ; à chaque 23 octobre, je rappelle à ma blonde qu’il s’agit de l’anniversaire de la perte de mon pucelage ; j’aime dire à quelqu’un qui vient d’échouer une chose que si ça avait été de moi, ça aurait fonctionnée ; j’aime mettre ma récupération dans les poubelles pour faire chier mes voisins ; faire remarquer à un recteur que le nom de sa profession ressemble étrangement au mot « rectum » ; raconter la fin d’un film à quelqu’un qui est impatient de le voir ; avoir un pseudonyme sur Internet et insulter des no life comme moi partout sur la planète ; rappeler aux fans des Nordiques que mon club à moi, il est toujours à Montréal ; raconter à des gens de gauche que mon idole est George Bush ; faire remarquer aux souverainistes qu’il est écrit « Canada » sur leur passeport ; les couchers de soleil me rendent triste car l’heure de dormir approche et les levers de soleil me confirment qu’une longue journée emmerdante m’attend ; j’aime dire à quelqu’un qui s’achète une voiture neuve qu’un jour, elle sera laide, vieille et puante ; conseiller aux gens qui affirment que les jeunes sont l’avenir d’aller visiter une classe de troubles de comportement et dire à la mère de ma fille que si elle s’était montrée plus patiente, elle aurait pu trouver drôlement mieux que moi.
Ouais. C’est comme ça qu’on est désagréable dans la vie.

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