dimanche 18 décembre 2011

Maman, papa, grande nouvelle : je suis normal!


Même s’ils m’ont affirmé le contraire des milliards de fois, je reste convaincu d’avoir été adopté. C’est vrai, ma famille et moi sommes aussi compatibles qu’un juif et un nazi qui doivent faire la file pour rencontrer un père noël de centre d’achat. Je suis grand, eux sont petits; ils sont sobres à l’année, moi parfois le matin; eux ont des REER, moi j’ignore ce que ce mot veut dire; ils contribuent à notre société, moi je parle constamment de mon pénis sur un blogue que personne ne lit.

Pour ceux que ça intéresse, mon pénis – qui a officiellement largué le nom Kermitt pour adopter celui de Dayman – va très bien. Il me dit de vous saluer. C’est fait. Il veut que je le touche. Ça sera fait bientôt…

Mes parents m’aiment et ils sont des gens assez bien. C’est juste que je suis une sacrée déception à leurs yeux. Imaginez si après Jésus, Joseph et Marie avaient décidé de lui concocter un frère ou une sœur. Même si vous faites de votre mieux et que vous nettoyez la vaisselle tous les soirs, ben vous serez jamais Jésus.

Moi, je suis l’enfant qu’on ne présente pas aux voisins. Je suis celui dont on ne vient pas voir les spectacles de fin d’année à l’école car tout le monde sait que je vais le gâcher. Je suis celui à qui on ne paye pas l’université car c’est un investissement perdu d’avance.

À quatre ans, je faisais caca tous les jours à côté de notre cheminée. Quand je suis rentré à école, on croyait que j’étais autiste. À sept ans, pour impressionner une jolie demoiselle du nom de Caroline, j’ai introduis mon efface dans mon anus. Trois jours plus tard, j’me retrouvais à l’hôpital et Caroline s’était mise avec Marcoux, alias la tête de clou de la classe. À neuf ans, j’ai fait croire à ma prof que mon père avait le sida… question d’avoir une journée supplémentaire pour remettre un devoir de math.

Je fus con dès mon premier jour de vie.

Mes sœurs sont infirmières et éducatrices en milieu scolaire. De bons boulots. Ils ont des maisons et des choses à raconter. On les invite lors du temps des fêtes. Moi, je suis un scénariste pauvre écrivant des merdes. Un mauvais boulot. Un appart minable et peu de choses à raconter. On ne m’invite pas lors du temps des fêtes.

Mais au-delà de mes millions de conneries et de mon manque de lustre, le plus difficile pour ma famille fut de ne jamais pouvoir réellement connecter avec moi. Les conversations par chez moi, ça ressemble grosso modo à ça…

- Alors Steve B, t’as voté pour qui?

- Y a eu des élections?

- Tu te vois où dans cinq ans fiston?

- Sûrement en prison papa.

- Financièrement parlant, est-ce que ça va?

- Pas trop.

- Tu veux qu’on te prête de l’argent?

- Non. Mais vous pouvez m’en donner…

- Quoi de neuf mon fils?

- J’te dirais maman qu’à part de beaucoup me masturber sur Internet, pas grand-chose…

Mes parents ont dorénavant appris et maîtrisé l’art de ne jamais me poser de questions. Comment leur en vouloir? Je ne sais rien à rien car je suis totalement déconnecté du monde réel. En fait, c’est ce que je croyais…

Cette semaine, je suis tombé par hasard – alors que je cherchais tout gentiment de la pornographie pakistanaise – sur un article qui parlait des 10 requêtes web ayant enregistré la plus forte progression à l'échelle mondiale en 2011.

Les grands gagnants? Rebecca Black, Google +, Ryan Dunn, Casey Anthony, Battlefield 3, IPhone 5, Adele, Steve Jobs, IPad 2 et la centrale de Fukushima.

Ma surprise – du genre le moment Hallelujah – fut de constater que je connais tous ces sujets. Dire que je suis déconnecté de notre société n’est désormais qu’un mythe. Je m’ouvre au monde extérieur et j’adore ça. Maman, papa : vous aviez tord. Je suis tout à fait normal. Le garçon dans sa bulle n’existe plus. Faites place à la version homme de Steve b qui vous épatera. Besoin de preuves?

Steve Jobs était un rappeur de Los Angeles. Si ma mémoire est bonne – ce qui est généralement le cas –, il fut malheureusement assassiné par Tupac. Battlefield 3? Le nom donné à la guerre en Irak par Churchill. La centrale de Fukushima est l’endroit où ils extraient le pétrole en Texas. Casey Anthony est un chanteur punk et Google + fut inventé après l’échec de Google -. Le IPad 2 est le robot méchant dans Terminator et le IPhone 5 est celui qui doit protéger John Connor, joué par Zac Efron. Il a gagné un oscar pour ça. Je suis sûr à genre 99% qu’Adele est le nouveau nom donné à la défunte planète Pluton. Rebecca Black et Ryan Dunn? Facile bande d’idiots : ils ont découvert le mercure.

Ouais, c’est une sensation formidable de se sentir normal. Je comprends juste pas pourquoi mes parents ne m’ont toujours pas rappelé après que je leur ai tout balancé ça sur leur répondeur…

vendredi 9 décembre 2011

Les Français sont pervers. Je suis pervers. C’est l’amour.


Je suis un Québécois ennuyant vivant dans une ville ennuyante qui se trouve dans le plus ennuyant pays de la galaxie : le Canada mes amis. Bon sang que le Canada est emmerdant. Écouter un scientifique muet qui me mime les avantages du système métrique me paraît plus passionnant que de résider dans ce pays. Notre histoire est nulle, nos batailles furent désolantes et nous possédons autant de crédibilité qu’un lapin de pâques en aurait lors d’un rassemblement de skinheads.

Je parie même que lorsque Jacques Cartier a découvert le pays, il s’est dit que c’est pas le genre de truc qu’il allait mettre sur son CV si un jour il avait besoin de se trouver un boulot d’emballeur dans une épicerie.

Je ne partage pas une tonne d’affinités avec mon pays et cette semaine, ce constat m’a sauté au visage. En consultant les statistiques de ce merveilleux et ô incroyablement crédible blogue, j’ai remarqué que quatre fois plus de Français visitaient le site que de Canadiens. Même les Belges – j’ignore où votre pays se situe exactement mes petits potes – s’approchent de mes compatriotes.

Message à vous, Canadiens de ce monde : je vous déteste bande d’imbéciles qui avez élu Stephen Harper. Restez dans vos cabanes de bois à regarder le hockey et à boire de la bière de piètre qualité.

Message à vous, Canadiens de ce monde : je déteste le fait que j’adore les cabanes de bois, le hockey, la bière de piètre qualité et la coupe de cheveux incroyablement séduisante de Stephen Harper. Et puis, il parle si bien français. Comment le détester?

Donc, j’me suis posé une question : pourquoi les Français visitent-ils autant mon blogue? C’est drôle car moi, je déteste vos films, votre musique, ce que vous appelez le football, votre colonisation bâclée au Canada et la seule fois que j’me suis tapé un roman de Frédéric Beigbeder, j’ai illico contacté l’Iran pour qu’elle bombarde votre pays.

C’est vrai : si la France a mis au jour un Beigbeder, je crains qu’elle puisse en concevoir d’autres.

Donc, après une mûre réflexion de trente-sept secondes dans laquelle j’en passa la moitié à m’enlever la mousse du nombril – mais comment ça fait pour arriver là? –, j’ai réalisé que le seul point commun entre la France et moi réside dans notre perversité. Ouep. Les Français sont de sales petits pervers et je suis moi-même un sale petit pervers. 1 + 1 = 2 je suppose. Grâce aux statistiques, je peux voir comment quelqu’un a abouti sur mon blogue et chers amis Français, vos recherches sur le web sont assez… disons que lorsque nous ouvrons Google, vous et moi y cherchons pas mal la même chose.

Je n’ai jamais mis les pieds en France. C’est loin et j’ai peur de l’avion. Mais si un jour je vous visite, je m’attends à une statue en mon honneur et à une parade sur les Champs Élysées. Un striptease de la femme de Sarkozy serait pas mal aussi.

Pourquoi? Car vous êtes des pervers de première classe et que je vous aime ainsi. Vous voyez : ce n’est pas tout le monde sur la planète qui vous déteste. Lorsque tout ira mal dans votre pays et que vous réaliserez que vos films et votre musique sont de la merde, pensez au scénariste stupide dans son pays emmerdant qui vous aime bien…

Et le prix de l’humain le plus inutile de tous les temps va à…


Moi!

Wow! Qui remercier? C’est si soudain. Euh, l’académie planétaire je suppose, mes parents et mon père pour son sperme de piètre qualité, ma famille, mes amis que j’apprécie seulement lorsque je suis saoul et toutes les filles qui n’ont jamais voulu jouer avec mon pénis. À tous, merci d’avoir contribué à faire de moi la personne la plus inutile sur la terre. C’est trop d’honneur. Quel poids immense à porter!

Dernièrement, j’ai eu trente ans. Alors j’ai décidé de boire pour célébrer ce non évènement. Après avoir réalisé que je m’invente constamment des raisons de boire – hey, aujourd’hui j’ai utilisé moins de papier pour me torcher le cul, je dois me saouler pour fêter ça –, j’me suis aperçu à quel point je ne sers à rien dans une société. Pas de blague. Si je me désintégrais là, immédiatement, notre monde ne s’en porterait que mieux.

Je ne vote jamais. Je ne fais rien si ça ne m’apporte pas de l’argent. Je n’ouvre jamais la porte à personne. Je consomme une quantité monstre de pornographie. Je ne laisse jamais de pourboire. Je rigole lorsqu’un nain passe près de moi. Je suis incapable de situer l’Irak sur le globe terrestre et j’ignore pourquoi les gens s’engueulent en Israël. Oh ouais : c’est pour le pétrole je crois.

Mais je crois que ce qui fait de moi réellement l’humain le plus inutile de la planète réside dans mon gaspillage de talent. Vous savez, je peux posséder une mémoire plutôt spectaculaire mais le hic – du genre Houston on a un problème –, c’est que dans la vie, j’ai mal joué mes cartes. Ouais, si je devais parier sur un cheval lors du Kentucky Derby, y a pas de doute que je serais le seul arriéré à placer toutes ses économies sur l’étalon sidatique à trois pattes qui crache du sang avant le départ.

Je suis une encyclopédie de choses inutiles. Mes trente premières années sur terre furent destinées à l’incompétence, l’indifférence et l’acquisition de connaissances qui ne me mèneront jamais nulle part.

Vous ne me croyez pas? D’accord…

Je sais qu’Alfred Hitchcock n'avait pas de nombril. En évitant de tirer la chasse d’eau de la toilette une fois par jour en urinant dans la douche, on économise 4380 litres d’eau potable par an. Un fumeur qui fume un paquet de cigarettes par jour perdra environ 2 dents tous les 10 ans. Quand on éternue, toutes les fonctions du corps s'arrêtent, même le cœur. Une personne normale d'environ 50 ans sera restée 5 ans dans des files d'attente. La brosse à dents fut inventée en 1498. Les pieds sont plus grands l'après-midi que le matin. Un papillon a 12 000 yeux. 40 000 Américains sont blessés par des toilettes chaque année.

Les vrais noms de David Bowie, Iggy Pop et Bob Dylan? David Jones, James Newel Österberg Jr et Robert Allen Zimmerman. Frank Black a annoncé la fin des Pixies aux autres membres par fax. Le fameux « Rosebud » dans Citizen Kane était une allusion au clitoris de la maîtresse du magnat William Randolph Hearst. Non, le petit monsieur ne fut pas content à la sortie du film en 1941.

Oui, malgré le fait que je sais toutes ces choses, je mérite toujours mon prix d’humain le plus inutile de la planète. Pourquoi? Car je suis incroyablement et positivement triplement nul à chier dans ce qui forme notre quotidien. Vous savez, les petites choses qu’un homme de trente ans serait censé faire…

Je suis incapable d’être ami avec une fille. J’aime regarder les gens travailler et je n’éprouve pas le moindre remord à rester dans mon coin à ne rien faire. Je parle plus fort quand je vois un aveugle. Je baisse mes jeans jusqu’aux chevilles quand je pisse debout. Je pense toujours voir un monstre dans le miroir de la salle de bain la nuit quand je vais aux toilettes. Je suis incapable de remettre mes livres à temps à la bibliothèque. Je fige quand vient le temps de laisser un message sur un répondeur. J’éprouve toujours une envie irrésistible de me mesurer le pénis quand je vois une règle.

Mais mon incapacité à ne pas être un adulte normalement fonctionnel n’est pas si grave lorsqu’on y pense. Pourquoi? Parce que moi je sais qu’on peut perdre 150 calories en se frappant la tête contre un mur pendant une heure.

Ça, c’est le genre de truc qui va me mener loin dans la vie…

jeudi 10 novembre 2011

Vivre avec ses poils pubiens


Ce matin, alors que j’me tapais le premier de mes soixante-quinze pipis quotidien, la plus grande vision horrifique inimaginable s’est présentée à moi…

Bloody Mary dans mon miroir? Candyman qui tente de me trancher la gorge? Un farfadet accroc à la sodomie qui se cachait en position fœtale dans ma toilette?

Non. Bien pire mes amis. Affreusement pire…

Alors que mon pipi s’étirait à sa troisième minute d’existence, un constat effroyable m’a frappé en plein visage et a fait en sorte que j’ai vécu un de ces moments qui change une vie. Vous savez, le moment avant/après…

Bon sang : j’ai réalisé que mes poils pubiens sont plus longs que mon pénis! Merde. Seigneur, Jésus, comment est-ce possible? C’est la Quatrième dimension ou quoi? La rouquine étrangement sexy de X Files va enquêter là-dessus pour en faire un rapport au FBI?

Lorsqu’on réalise que ses poils pubiens possèdent une longueur d’avance sur notre pénis et qu’on doit illico écarter la possibilité de faire carrière dans le porno, on doit s’attarder à la question et envisager deux conclusions possibles.

Uno : l’hygiène personnelle n’est pas pour nous une chose importante. Secundo : la nature, dans toute sa méchanceté, ne fut pas généreuse avec nous.

C’est triste de se l’avouer, mais parfois, il faut considérer uno et secundo comme la conclusion logique d’un triste fait…

mardi 13 septembre 2011

Mon pénis et moi














J’ai dernièrement scénarisé un court-métrage de quelques minutes qui se nomme “Mon pénis et moi”. Le film en une ligne? Une comédie absurde sur un homme qui, lors d’une relation sexuelle, est prêt à tout faire pour empêcher son éjaculation imminente.

Je dois l’avouer : c’est le truc le plus autobiographique que j’ai jamais écris... aussi peu glorieux que cela puisse être. Quand j’avais dix-sept ans et que j’me trimballais cette étonnante capacité à jouir dans mon pantalon dès qu’une fille me disait bonjour, je m’étais développé un petit truc : celui de penser aux dialogues de “Pulp Fiction” lorsque mon micro-pénis était en action. Certains ont inventé l’électricité, d’autres le téléphone; moi, j’ai créé une façon de retenir une éjaculation. C’est lourd d’être un grand homme...

Ouais. J’avais juste à penser à John Travolta, les différences entre l’Europe et l’Amérique, les sous-entendus d’un massage de pieds et la surdose de Mia pour faire durer le plaisir. Merde. J’aurais dû breveter ça.

Est-ce que je le fais encore? Vous voulez rire! Maintenant, je suis rendu gros, vieux, blasé et tout ce qui m’intéresse, c’est mon petit plaisir personnel. Pourquoi je voudrais faire l’amour durant des heures? Y a tellement de choses à regarder à la télé...

Vos pouvez visionner “Mon pénis et moi” au http://vimeo.com/28915589




Mon Pénis et Moi from Eclectis Films on Vimeo.

mardi 9 août 2011

Suis-je une pute?


J’aimerais être le genre d’homme qui s’associe à une cause. Ça sonne bien et ça se trimballe un petit côté honorable. J’aimerais m’impliquer dans la société. Me positionner du côté des gagnants… être actif. Courir dans les rues lorsque la situation l’exige. Affronter le vent et le faire tourner. Célébrer les victoires durement acquises.

J’aimerais être un patriote et être fier de mon pays.

Le hic, c’est que la seule cause qui me vient à cœur est la mienne. Bien sûr, j’me sens un brin triste si un pays explose… mais cette tristesse n’est rien comparée à si je manque de l’électricité pendant une partie de hockey ou si je réalise que je suis devenu trop gros pour pouvoir enfiler mon t-shirt préféré de Oasis.

Moi, si j’étais une planète, je voudrais être Pluton. C’est loin, froid et petit. On ne rend jamais visite à Pluton et si vous voulez mon avis, Pluton s’en moque. Pluton ne répond jamais au téléphone et quand on l’invite à faire quelque chose, elle répond qu’elle a trop mal au ventre pour sortir.

* Avant qu’on m’emmerde sur le fait que Pluton n’est plus une planète, sachez que plusieurs scientifiques continuent à la considérer comme la neuvième planète de notre système. *

J’exerce un métier dans lequel l’intégrité est primordiale aux yeux de plusieurs. Certains scénaristes et auteurs sont prêts à se battre jusqu’à la mort pour défendre leurs points de vu et leurs convictions. Je trouve ça plutôt cool. Ces gens là peuvent discuter autant de politique et d’environnement que de cinéma.

Je voudrais tellement être comme eux. Mais je suis Pluton et Pluton, à part ses propres intérêts, possède un total analphabétisme sur ce qui l’entoure. J’ignore ce qu’est le gaz de Schiste; je n’ai aucune idée pourquoi les Israéliens et les Palestiniens ne sont pas des amis facebook; je ne comprends rien à l’économie; je n’ai jamais voté; je crois que les voitures hybrides sont comme des Transformers; j’aime le vin de dépanneur et j’ignore pourquoi le réchauffement climatique inquiète tant les gens. Nos étés seront plus chauds alors quel est le problème?

Donc, en plus de me trimballer aucune opinion sur ce qui est censé représenter les choses importantes de la vie, j’ai réalisé avec le temps que je ne possède aucune conviction. Si on m’offre un chèque, je vais vous pondre n’importe quelle merde que vous désirez. Je pourrais même concevoir une pub pour vanter les mérites du tabac et dormir comme un bébé qui s’est shooté du crack le soir venu.

Je suis ce qu’on pourrait appeler humblement et tout simplement… une pute. Ouais, je suis une salope de bas étage qui a perdu son amour-propre dans son enfance et qui n’a jamais pris le temps de la retrouver.

Dernièrement, j’ai énormément réfléchis à la question. Bon sang. Ce sujet me paraît bien plus important que l’économie et le sort de la planète. Donc, si on regarde ça de près, je suis en quelque sorte une pute. Bien. Que font les putes? Souvent, elles mettent des pénis dans leurs bouches. Bien. Elles le font en échange de quelques billets. Bien.

C’est à partir de ces constats que la question qui tue m’est venue à l’esprit : quel serait mon prix pour sucer le petit soldat d’un monsieur moustachu. Je mens pas : cette question m’a obsédé comme rien ne m’avait obsédé durant ma vie. Enfin, j’avais trouvé ma cause… mon principe pour lequel j’allais me tenir fièrement debout.

J’ai été voir mon papa.

- Papa : ça serait quoi ton prix minimum pour faire une fellation toi?

Mon papa n’est pas toujours fier de son fils.

- Un million. Non, plus que ça. Deux millions.

Ça me paraît cher la pipe ça. Il doit avoir des lèvres magiques je suppose.

J’ai ensuite appelé un copain. Comme il était pas là, je lui ai laissé un message sur le répondeur.

- Salut David. Salut Marie. Hey David : si t’avais à sucer quelqu’un toi, comment tu chargerais? Reviens-moi avec ça le plus tôt possible SVP…

Je crois que Marie me déteste.

Après avoir analysé les réponses de mes proches, de m’être creusé la tête durant des jours entiers et d’avoir calculé mes besoins essentiels durant une année, j’en suis finalement venu à établir un prix fixe.

Donc, si vous recherchez une fellation messieurs et toute la discrétion qui l’accompagne, vous devrez déboursez… 8147,76$. Oui, on peut se procurer les services de ma bouche pour un peu plus de 8000$.

Mais pour être un tantinet honnête avec vous, je trouve ça plutôt cher. C’est vrai : peut-être que mes fellations seraient les pires sur la planète. Peut-être que mes dents se montreraient trop actives. Donc, en calculant que je pourrais seulement sucer trois hommes par année et ainsi, toujours subvenir à mes besoins de base, j’ai baissé mon tarif à 2715,92$.

Je trouve ça pas si mal.

C’est là que j’me rends compte que mon père et moi sommes drôlement différents. Sa bouche se trimballe un statut de millionnaire… tandis que la mienne se charrie celle de la pute du quartier. Mais au moins, j’me dis que je suis honnête avec moi-même.

C’est toujours ça…

Regrets scatologiques


Je pourrais pas expliquer le pourquoi de la chose mais dernièrement, je réalise que je verse dans la nostalgie facile. Intensément. C’est peut-être l’approche de la trentaine. C’est peut-être le fait que je deviens plus con et gros chaque jour. Même si je n’y vois aucun lien, j’aime me dire que c’est peut-être de la faute au réchauffement climatique…

Depuis quelque temps, j’ai recommencé à écouter du Guns N’ Roses. Je fredonne du Bon Jovi et Bryan Adams en me tapant la vaisselle. Je repense à des séries comme Daria et Beavis & Butthead avant de m’endormir. Je réfléchis à ce que sont devenus mes amis du secondaire. Je pourrais les retracer avec facebook… mais je préfère utiliser ce temps pour retrouver des vidéos pornos sur le web que je regardais lorsque j’étais cet ado maigrement laid et boutonneux obsédé par Back to the Future.

Pour une raison qui m’est aussi totalement inconnue, c’est en faisant l’épicerie et en fixant les boîtes de céréales que je repense aux centaines de filles à qui j’ai offert mon corps au secondaire… et aux deux idiotes qui ont accepté mon offre peu alléchante. Je serais prêt à parier les quinze dollars qui gonflent mon compte en banque que vous le regretter mes chères…

On peut presque dire que c’est officiel : j’me tape une mini crise de vie. La scène classique de l’imbécile de banlieue qui porte des bas en dessous de ses sandales. Ça serait pas trop grave si ça s’arrêtait à ces trucs mais le hic, c’est que je commence à me trimballer des regrets. Une tonne. Et ça, c’est le genre de chose qui envahit votre tête et qui la fait capituler.

Est-ce que j’aurais pu m’appliquer davantage à l’école et ainsi, m’offrir la chance d’exercer une meilleure profession? Absolument. Aurais-je du faire plus de sport pour ainsi exposer mon corps d’athlète sur les plages de Old Orchard? Oui monsieur. Aurais-je du dire non à la première bière qu’on m’a offerte? Mon cœur dit non mais mon foie hurle que oui. Est-ce que j’aurais pu me montrer moins égoïste et m’investir à 100% dans mes relations? Oui, oui et triple oui.

Ouais, toutes ces choses devraient un brin m’inquiéter et me forcer à entreprendre une réflexion sur mon existence… me pousser à devenir une meilleure personne. Mais le hic, c’est que je m’en balance. Pour être archi honnête et tout, je m’en fous royalement. Les regrets qui m’empêchent de dormir n’ont rien à voir avec ceux mentionnés plus haut.

Pour ceux que ça intéresse, les regrets qui hantent ma vie sont si accablants que j’me demande parfois si je pourrais passer à travers cette sombre période de mon existence.

Quand j’étais jeune et excité par tout ce que la vie sur terre pouvait m’offrir, j’me charriais trois rêves : faire caca dans un urinoir, coller ma langue sur un poteau gelé l’hiver et faire l’amour avec une grosse femme dans un bain de jello. Je pensais constamment à ces accomplissements et j’me disais que je serais un homme admirable si je réussissais à les mener à exécution.

Je croyais qu’on se souviendrait de moi si j’étais cet homme héroïque qui aurait le courage de faire un immense caca dans un urinoir. Je croyais que le premier ministre du pays créerait un jour férié en mon honneur si je collais ma langue sur un poteau gelé l’hiver. J’étais persuadé que toutes les femmes de la terre voudraient jouer avec mon petit soldat si elles apprenaient que je m’étais envoyé une grosse dame dépourvue d’amour-propre dans un bain de jello.

J'étais jeune. J’étais naïf. Je visais haut. J’avais des rêves titanesques. Le monde se voulait un terrain de jeu et j’étais sur le point d’en devenir le propriétaire.

Maintenant, je ne suis plus si jeune. Je suis blasé. Je vise le sous-sol. Mon plus grand rêve est d’entreprendre un sac de chips sans me sentir obligé de le terminer. Je suis propriétaire d’une voiture qui est moins dispendieuse qu’un pédalo. Si je suis devenu l’homme fade que je suis, c’est à cause de ce magnifique caca que je n’ai jamais pondu dans un urinoir; de ce poteau gelé qui attend toujours ma langue et de cette grosse madame qui espère recevoir une invitation à forniquer dans un bain de jello.

Oui, on m’avait prévenu que la vie était difficile… mais jamais j’aurais cru en baver autant.

Fichus regrets; fichu moi de m’être donné des rêves si impossibles à accomplir…

jeudi 7 avril 2011

Kim et la masculinité disparue

Plus que tout, y a deux choses qui fracassent royalement le moral de petit Kim : se trimballer un prénom de bonne femme et Guillaume alias le playboy, son coloc. Ouais, y a disons 9713 choses qui tournent pas dans l’orbite terrestre dernièrement : ses doigts ont pas effleuré une princesse depuis l’invention du téléphone, son envie de se dénicher une carrière est plongée dans un coma très comateux et il se doute qu’il ait vraiment envie de toucher une puce. Et puis, avec petit Kim comme prénom, il faut se charrier une satanée assurance sexuelle pour dépoussiérer les toiles d’araignées qui ornent ses testicules.


Guillaume alias le playboy est un trou-de-cul quand on y pense un peu. La seule raison pour laquelle il partage son appart avec petit Kim, c’est pour la hiérarchie de l’image. D’un côté du ring, on retrouve un colonel décoré qui saute régulièrement des bonnes femmes et qui se trimballe une opinion sur un peu tout. Son adversaire, lui, s’est vu attribué à la naissance un charisme aussi impressionnant qu’une éponge qu’on a utilisée pour faire briller une toilette chimique.



En ce moment plutôt précis, petit Kim est en pyjama Bob l’éponge, dans un bain crasseusement vide, à lire des magazines pour adolescentes boutonneuses et connes. C’est son endroit de choix quand Guillaume alias le playboy organise des soirées chaudement sexe dans lesquelles son arriéré de coloc est pas invité. Quand on y pense, y a pas de raison de se mêler à eux ; mais y a pas de moyens de s’en débarrasser non plus. Petit Kim sait, par expérience de looser certifié, que les amis de Guillaume alias le playboy auront souillé son lit avec leurs saloperies sexuelles d’ici la fin de la soirée. Il distribuerait bien une razzia de coups de pieds aux culs, ouais, mais son ossature a pas jugé bon de suivre l’évolution des années.



Alors il est là, dans le bain, à lire toutes ces conneries pas possibles qui squattent l’endroit. Guillaume alias le playboy se charrie même une théorie sur le sujet : selon lui, y a pas d’endroit plus stratégique pour la lecture. Sa pensée darwinienne se veut que l’homme est plus apte à apprendre après une bonne décharge. Quel triso! Petit Kim le méprise à un point historique ce trou-de-cul. Mais laissons tomber la flafla et disons le franchement : il méprise un peu toute l’humanité.



Bon Dieu qu’il en a vu des situations tordues de sa position fœtale dans le bain. Il repense à cette fille triplement moche qui tentait de se faire vomir mais qui s’est coupé un doigt avec une dent ; ce con qui se mettait de la pâte à dents sur les pectoraux pour les faire reluire ; un alcoolo en voie de devenir l’ivrogne du quartier qui demandait à une fille d’y aller mollo car il était puceau et revenir plus tard avec une autre chérie pour lui sortir les mêmes conneries. Honnêtement, petit Kim a failli décorer son pyjama favori d’urine quand la puce lui a balancé que c’était normal que la première fois soit aussi nulle qu’une ballade à travers le Canada.



Alors que petit Kim feuillette un article passionnant sur l’énigmatique écoulement vaginal chez les femmes ménopausées, une princesse pas croyable du nom d’Ariane rentre façon ballerine dans la salle de bain et s’assoit à la toilette. Elle se veut désirable sur toute la ligne la chérie. Mais ça, pas question que petit Kim le vérifie ; un type qui aborde une inconnue alors qu’il est en pyjama Bob l’éponge dans son bain donne rarement une première impression qui réchauffe le cœur d’amour.



- C’est toi, petit Kim?



Ça, il peut juste pas le croire. Mais qu’est-ce qui peut bien se passer à cette imbécile de fête chaudement sexe? Ils s’ennuient dans leur débauche au point d’envoyer la plus chouette des puces chouettes pour lui briser le cœur? Pas question qu’elle lui fracasse le moral celle-là. Cette garce, il va l’envoyer ch …



- Peut-être, ouais.



Le courage est pas vraiment la qualité première de petit Kim.



- Si c’était pas toi dans le bain, ça fait longtemps que j’y serais.



Ça veut dire quoi au juste? Qu’elle comprend le malfonctionnement du cerveau de petit Kim ou qu’elle pue? Rendu à ce point, il a plus trop de choix de réponses devant lui. Alors il tire le rideau et s’expose à sa protagoniste comme il est : un arriéré doré dans un pyjama de Bob l’éponge dans un bain sec à lire sur les bonnes femmes ménopausées. Il la trouve superbe. Trop pour la catégorie dans laquelle il se fait mettre constamment knock-out.



- Ça te dérange pas de me faire une petite place? Je vais me faire petite, petite, petite …



Petit Kim éprouve ardemment ce désir étrange qu’est de partager un bain vide avec une inconnue entreprenante. Grâce à son éducation catholique, il croyait pas trop que les filles pouvaient se payer le luxe des premiers pas. Mais il se rappelle illico une autre chose : il se prénomme petit Kim, un pyjama de Bob l’éponge orne son manque de musculature et des informations cruciales sur les pertes vaginales chez les princesses ménopausées hantent ses mains.



Mais malgré tout ce manque de royauté et de prestige, Ariane la jolie s’assoit à ses côtés et entreprend un blabla pas trop intéressant. Faut un début à tout qu’il se dit. Et c’est une fille. Alors mettons une pause aux principes du christianisme.



Puis pour contredire toute logique qui régit notre bas monde, la puce l’embrasse. Et pas rien qu’un peu. Langue, salive et bactéries. Petit Kim se dit que la dernière fois que sa bouche avait triomphalement accueilli une langue étrangère, c’était… mais c’était quand exactement?



Ariane la jolie le touche. De haut en très, très bas. Petit Kim réalise avec une fierté de confédéré que tout est à la bonne place et que l’artillerie, aussi rouillée qu’elle puisse l’être, fonctionne toujours. Sortez les cornemuses militaires. Mais Ariane la jolie met un arrêt de bus à son tripotage, lui montre toute la blancheur de ses dents et quitte le paquebot en ramant de toutes ses forces.



- Il bande! Il bande! Y’est pas aussi weird que tu le disais ton coloc!



Petit Kim resta dans la salle de bain avec le sentiment moyennement agréable d’avoir été utilisé. Mais au moins, le machin truc qui décore timidement son entrejambe fonctionne toujours. La consolation du prix du meilleur esprit sportif on dira.

Laurence pas trop belle

C’est l’histoire de la femme la plus perverse au monde et du pire des imbéciles jamais connu.

Alors, lumières, caméra, action.


Tous les gars de mon quartier avaient bizarrement dit adieu à leur pucelage avec la même fille… Laurence pas trop belle, une petite puce qui se trimballe aucun amour-propre à ce qui parait. Mais pas moi. Elle m’avait pas offert ce privilège. Même le petit rouquin anorexique qui dit des p au lieu des b avait expédié la dame au septième ciel de l’Iowa. Ça devenait embarrassant. Il fallait réagir. Dans le très maintenant.


Je suis donc allé faire un tour chez une sorte d’ami que j’avais, question de préparer le terrain. Bien entendu, il la connaissait en parfaite profondeur.


- Wow! T’as pas perdu ton pucelage? Ok … j’te dirais qu’avant de t’embarquer là-dedans, tu dois savoir quelques règles.


- Ah ouais? que je fais. Comme… ?


Si j’avais un calepin, je prendrais des notes. Mémo à moi-même : me procurer un calepin.


- C’est des règles immanquables. Quand elle est sur le point de devenir folle d’excitation et que tu sens que tu contrôles à fond la situation, tu dois crier de toutes tes forces AUX AGGUETS!!!


- AUX AGGUETS?


- Ouais. Et petit truc comme ça : prépare toi une bonne doses de saloperies.


Quelques jours plus tard, je tombe sur ma princesse qui dégage en permanence cette odeur de sexe et bonbon au Corona, un petit bar de quartier fréquenté en majorité par des gens qui sont devenus des hommes grâce à elle. Alors je lui paye un verre et je multiplie ce nombre jusqu’à temps que mon portefeuille me supplie de le réanimer. Bon sang. Je vois plus très bien. Je la trouve presque un peu jolie ma Laurence pas trop belle. Disant adieu à mes inhibitions et réalisant que mon amour-propre a pris le bus sans moi vers une destination inconnue, je lui propose de faire connaissance avec la toilette des hommes. Elle me dit qu’elle les connaît très bien. En revanche, celle des femmes lui sont plutôt inconnues.


- Allez hop, cow-boy! qu’elle me dit.


Alors sans rentrer trop dans les détails, je lui lance sur place un truc un peu dégoûtant.


- Oh oui!!!


La confiance gagnant, je grimpe d’une coche dans la vulgarité. Y’a pas de quoi rendre sa mère fière.


- Oh oui!!!


Et c’est là que j’me rends compte que ma banque de donnés est épuisée. À sec.


- T’arrête pas. Mais qu’est-ce qui se passe?


Il se passe que mon puit d’insultes a un fond. Je suis catholique moi tu sauras. L’heure est plutôt grave. Je lui grogne d’une voix des cavernes des consonnes à l’oreille, mais on voit bien que c’est pas suffisant. Heureusement, on m’a appris à réagir avec calme et subtilité lors des moments intenses durant ma jeunesse. Malheureusement, on me l’a juste mal enseigné.


- Tu sais, l’orgasme d’un cochon dure 30 minutes.


Début de refroidissement.


- C’est chouette, tu trouves pas?


L’ère glaciale est annoncée. Il faut parer, réagir, contre-attaquer.


- Quand même, quand on y pense, ils ont la belle vie les lions. S’accoupler 50 fois par jour. Wow!


Congélation totale. Même cet arriéré de Walt Disney l’est pas autant.


- Tu sais que le sexe est le meilleur moyen pour perdre des calories? Mais tu peux aussi en dépenser 150 en te frappant la tête contre un mur pendant une heure. Ça peut te paraître cinglé, mais y a une fille, dont je me rappelle plus très bien le nom, qui a essayé…


Je m’écoute plus parler. Mes lèvres bougent, mais le volume est sous zéro. Y a cette légende urbaine sur ma famille : elle raconte notre extraordinaire capacité à s’enfoncer plus profondément que le commun des mortels. Alors qu’elle me regarde comme un déficient profond (à vrai dire, elle me regarde comme si je lui avais parlé de l’orgasme du cochon et de l’accouplement des lions), j’me rends compte qu’il me reste quand même un truc à faire avant de baisser définitivement le drapeau. Et c’est …


- AUX AGGUETS !!!


C’était l’histoire de la femme la plus perverse au monde et du pire des imbéciles jamais connu.