jeudi 7 avril 2011

Kim et la masculinité disparue

Plus que tout, y a deux choses qui fracassent royalement le moral de petit Kim : se trimballer un prénom de bonne femme et Guillaume alias le playboy, son coloc. Ouais, y a disons 9713 choses qui tournent pas dans l’orbite terrestre dernièrement : ses doigts ont pas effleuré une princesse depuis l’invention du téléphone, son envie de se dénicher une carrière est plongée dans un coma très comateux et il se doute qu’il ait vraiment envie de toucher une puce. Et puis, avec petit Kim comme prénom, il faut se charrier une satanée assurance sexuelle pour dépoussiérer les toiles d’araignées qui ornent ses testicules.


Guillaume alias le playboy est un trou-de-cul quand on y pense un peu. La seule raison pour laquelle il partage son appart avec petit Kim, c’est pour la hiérarchie de l’image. D’un côté du ring, on retrouve un colonel décoré qui saute régulièrement des bonnes femmes et qui se trimballe une opinion sur un peu tout. Son adversaire, lui, s’est vu attribué à la naissance un charisme aussi impressionnant qu’une éponge qu’on a utilisée pour faire briller une toilette chimique.



En ce moment plutôt précis, petit Kim est en pyjama Bob l’éponge, dans un bain crasseusement vide, à lire des magazines pour adolescentes boutonneuses et connes. C’est son endroit de choix quand Guillaume alias le playboy organise des soirées chaudement sexe dans lesquelles son arriéré de coloc est pas invité. Quand on y pense, y a pas de raison de se mêler à eux ; mais y a pas de moyens de s’en débarrasser non plus. Petit Kim sait, par expérience de looser certifié, que les amis de Guillaume alias le playboy auront souillé son lit avec leurs saloperies sexuelles d’ici la fin de la soirée. Il distribuerait bien une razzia de coups de pieds aux culs, ouais, mais son ossature a pas jugé bon de suivre l’évolution des années.



Alors il est là, dans le bain, à lire toutes ces conneries pas possibles qui squattent l’endroit. Guillaume alias le playboy se charrie même une théorie sur le sujet : selon lui, y a pas d’endroit plus stratégique pour la lecture. Sa pensée darwinienne se veut que l’homme est plus apte à apprendre après une bonne décharge. Quel triso! Petit Kim le méprise à un point historique ce trou-de-cul. Mais laissons tomber la flafla et disons le franchement : il méprise un peu toute l’humanité.



Bon Dieu qu’il en a vu des situations tordues de sa position fœtale dans le bain. Il repense à cette fille triplement moche qui tentait de se faire vomir mais qui s’est coupé un doigt avec une dent ; ce con qui se mettait de la pâte à dents sur les pectoraux pour les faire reluire ; un alcoolo en voie de devenir l’ivrogne du quartier qui demandait à une fille d’y aller mollo car il était puceau et revenir plus tard avec une autre chérie pour lui sortir les mêmes conneries. Honnêtement, petit Kim a failli décorer son pyjama favori d’urine quand la puce lui a balancé que c’était normal que la première fois soit aussi nulle qu’une ballade à travers le Canada.



Alors que petit Kim feuillette un article passionnant sur l’énigmatique écoulement vaginal chez les femmes ménopausées, une princesse pas croyable du nom d’Ariane rentre façon ballerine dans la salle de bain et s’assoit à la toilette. Elle se veut désirable sur toute la ligne la chérie. Mais ça, pas question que petit Kim le vérifie ; un type qui aborde une inconnue alors qu’il est en pyjama Bob l’éponge dans son bain donne rarement une première impression qui réchauffe le cœur d’amour.



- C’est toi, petit Kim?



Ça, il peut juste pas le croire. Mais qu’est-ce qui peut bien se passer à cette imbécile de fête chaudement sexe? Ils s’ennuient dans leur débauche au point d’envoyer la plus chouette des puces chouettes pour lui briser le cœur? Pas question qu’elle lui fracasse le moral celle-là. Cette garce, il va l’envoyer ch …



- Peut-être, ouais.



Le courage est pas vraiment la qualité première de petit Kim.



- Si c’était pas toi dans le bain, ça fait longtemps que j’y serais.



Ça veut dire quoi au juste? Qu’elle comprend le malfonctionnement du cerveau de petit Kim ou qu’elle pue? Rendu à ce point, il a plus trop de choix de réponses devant lui. Alors il tire le rideau et s’expose à sa protagoniste comme il est : un arriéré doré dans un pyjama de Bob l’éponge dans un bain sec à lire sur les bonnes femmes ménopausées. Il la trouve superbe. Trop pour la catégorie dans laquelle il se fait mettre constamment knock-out.



- Ça te dérange pas de me faire une petite place? Je vais me faire petite, petite, petite …



Petit Kim éprouve ardemment ce désir étrange qu’est de partager un bain vide avec une inconnue entreprenante. Grâce à son éducation catholique, il croyait pas trop que les filles pouvaient se payer le luxe des premiers pas. Mais il se rappelle illico une autre chose : il se prénomme petit Kim, un pyjama de Bob l’éponge orne son manque de musculature et des informations cruciales sur les pertes vaginales chez les princesses ménopausées hantent ses mains.



Mais malgré tout ce manque de royauté et de prestige, Ariane la jolie s’assoit à ses côtés et entreprend un blabla pas trop intéressant. Faut un début à tout qu’il se dit. Et c’est une fille. Alors mettons une pause aux principes du christianisme.



Puis pour contredire toute logique qui régit notre bas monde, la puce l’embrasse. Et pas rien qu’un peu. Langue, salive et bactéries. Petit Kim se dit que la dernière fois que sa bouche avait triomphalement accueilli une langue étrangère, c’était… mais c’était quand exactement?



Ariane la jolie le touche. De haut en très, très bas. Petit Kim réalise avec une fierté de confédéré que tout est à la bonne place et que l’artillerie, aussi rouillée qu’elle puisse l’être, fonctionne toujours. Sortez les cornemuses militaires. Mais Ariane la jolie met un arrêt de bus à son tripotage, lui montre toute la blancheur de ses dents et quitte le paquebot en ramant de toutes ses forces.



- Il bande! Il bande! Y’est pas aussi weird que tu le disais ton coloc!



Petit Kim resta dans la salle de bain avec le sentiment moyennement agréable d’avoir été utilisé. Mais au moins, le machin truc qui décore timidement son entrejambe fonctionne toujours. La consolation du prix du meilleur esprit sportif on dira.

Laurence pas trop belle

C’est l’histoire de la femme la plus perverse au monde et du pire des imbéciles jamais connu.

Alors, lumières, caméra, action.


Tous les gars de mon quartier avaient bizarrement dit adieu à leur pucelage avec la même fille… Laurence pas trop belle, une petite puce qui se trimballe aucun amour-propre à ce qui parait. Mais pas moi. Elle m’avait pas offert ce privilège. Même le petit rouquin anorexique qui dit des p au lieu des b avait expédié la dame au septième ciel de l’Iowa. Ça devenait embarrassant. Il fallait réagir. Dans le très maintenant.


Je suis donc allé faire un tour chez une sorte d’ami que j’avais, question de préparer le terrain. Bien entendu, il la connaissait en parfaite profondeur.


- Wow! T’as pas perdu ton pucelage? Ok … j’te dirais qu’avant de t’embarquer là-dedans, tu dois savoir quelques règles.


- Ah ouais? que je fais. Comme… ?


Si j’avais un calepin, je prendrais des notes. Mémo à moi-même : me procurer un calepin.


- C’est des règles immanquables. Quand elle est sur le point de devenir folle d’excitation et que tu sens que tu contrôles à fond la situation, tu dois crier de toutes tes forces AUX AGGUETS!!!


- AUX AGGUETS?


- Ouais. Et petit truc comme ça : prépare toi une bonne doses de saloperies.


Quelques jours plus tard, je tombe sur ma princesse qui dégage en permanence cette odeur de sexe et bonbon au Corona, un petit bar de quartier fréquenté en majorité par des gens qui sont devenus des hommes grâce à elle. Alors je lui paye un verre et je multiplie ce nombre jusqu’à temps que mon portefeuille me supplie de le réanimer. Bon sang. Je vois plus très bien. Je la trouve presque un peu jolie ma Laurence pas trop belle. Disant adieu à mes inhibitions et réalisant que mon amour-propre a pris le bus sans moi vers une destination inconnue, je lui propose de faire connaissance avec la toilette des hommes. Elle me dit qu’elle les connaît très bien. En revanche, celle des femmes lui sont plutôt inconnues.


- Allez hop, cow-boy! qu’elle me dit.


Alors sans rentrer trop dans les détails, je lui lance sur place un truc un peu dégoûtant.


- Oh oui!!!


La confiance gagnant, je grimpe d’une coche dans la vulgarité. Y’a pas de quoi rendre sa mère fière.


- Oh oui!!!


Et c’est là que j’me rends compte que ma banque de donnés est épuisée. À sec.


- T’arrête pas. Mais qu’est-ce qui se passe?


Il se passe que mon puit d’insultes a un fond. Je suis catholique moi tu sauras. L’heure est plutôt grave. Je lui grogne d’une voix des cavernes des consonnes à l’oreille, mais on voit bien que c’est pas suffisant. Heureusement, on m’a appris à réagir avec calme et subtilité lors des moments intenses durant ma jeunesse. Malheureusement, on me l’a juste mal enseigné.


- Tu sais, l’orgasme d’un cochon dure 30 minutes.


Début de refroidissement.


- C’est chouette, tu trouves pas?


L’ère glaciale est annoncée. Il faut parer, réagir, contre-attaquer.


- Quand même, quand on y pense, ils ont la belle vie les lions. S’accoupler 50 fois par jour. Wow!


Congélation totale. Même cet arriéré de Walt Disney l’est pas autant.


- Tu sais que le sexe est le meilleur moyen pour perdre des calories? Mais tu peux aussi en dépenser 150 en te frappant la tête contre un mur pendant une heure. Ça peut te paraître cinglé, mais y a une fille, dont je me rappelle plus très bien le nom, qui a essayé…


Je m’écoute plus parler. Mes lèvres bougent, mais le volume est sous zéro. Y a cette légende urbaine sur ma famille : elle raconte notre extraordinaire capacité à s’enfoncer plus profondément que le commun des mortels. Alors qu’elle me regarde comme un déficient profond (à vrai dire, elle me regarde comme si je lui avais parlé de l’orgasme du cochon et de l’accouplement des lions), j’me rends compte qu’il me reste quand même un truc à faire avant de baisser définitivement le drapeau. Et c’est …


- AUX AGGUETS !!!


C’était l’histoire de la femme la plus perverse au monde et du pire des imbéciles jamais connu.