lundi 12 avril 2010

Ok. Le pire est finalement arrivé…

La vie est difficile, ça on le sait. Tout le monde a ses craintes, ses moments moches, ses périodes d’incertitudes. Parfois, on se lève le matin et on sait qu’un tas de merdes va joyeusement nous tomber dessus. Pourquoi? Mystère et boule de gomme mes amis. Mais même le plus gigantesque des parapluies pourraient rien y faire.

Imaginez une microseconde la plus affreuse des choses qui puissent vous arriver. Fermez les yeux et faites le. Ça y est? Des trucs dégoûtants hantent votre tête? Vos plus grandes peurs prennent vie? Vous savez quoi? Je suis convaincu, plus qu’un million de fois certain, que ça l’arrive même pas à la cheville de ce qui m’est arrivé ce matin.

Bon sang! J’en tremble encore. Je crois que ça va me prendre des années pour m’en remettre…

Le matin, il me faut beaucoup de café. Noir, noir, noir. J’aime dire que j’aime mon café comme mes femmes. Je suis toujours seul à rire et y a un immense malaise. Bref, passons. Alors j’me tape mon troisième café, mon haleine empeste, et une idée de génie – encore plus grande que la découverte de la relativité – traverse mon infirme de QI : allons taper mon nom sur google. Ça pourrait être drôle? Et puis, je risque de découvrir des centaines de pages de fans extatiques qui m’adorent et qui attendent jours et nuits que je sorte un nouveau bouquin.

Non.

Alors que je viens pour fermer google, peiné de mon manque flagrant de popularité, un truc attire mon attention. C’est là que ma vie a changé à jamais; le point de non-retour. Un acteur porno se nomme Steve B. Bernard. Pour l’amour du ciel : y a un gars avec un pénis aussi long que les hot-dogs du Costco qui se nomme Steve B. Bernard! Le CV de l’artiste? Zoophilie, transsexualité, sexe avec des naines – ça, ça pique ma curiosité –, première sodomie et spécialisation dans le domaine des massages clitoridiens. Merde! Comment je peux compétitionner avec ça? Si j’avais à définir ma qualité sexuelle, je dirais que je suis plutôt bon pour mettre la musique qui convient.

Vous vous rappelez des films Highlander? Ouais, c’était des grosses merdes, je suis d’accord, mais y avait ce passage dans lequel celui qui jouait Raiden dans Mortal Kombat disait « Il ne peut qui en avoir un ». C’est vrai. Il ne peut qui avoir un seul Steve B. Bernard.

Qui survivra? Le scénariste pauvre et détesté… ou l’acteur porno au pénis titanesque? J’me demande s’ils prennent les paris à Las Vegas…

mercredi 7 avril 2010

Serais-je un être héroïque???

J’ai longtemps cru que si j’avais été un personnage de film, j’aurais été le héros. Ouais, pas de doute. C’est moi qui botterais le cul aux vilains qui en veulent à notre démocratie, j’aurais toujours en poches les répliques qui tuent et j’me serais tapé toutes les James Bond Girls. Vous savez ce que j’ai? J’ai en moi ce petit truc qu’on appelle l’étoffe des héros. Mon courage et mon leadership, contrairement à mon pénis, n’ont pas de limites et ne connaissent pas la fatigue.

Avant de m’endormir la nuit, j’ai des fantasmes. J’imagine des zombies qui envahissent mon quartier à la recherche de cerveaux bien membrés; une attaque nucléaire qui transforme les gens en mutants; un tueur masqué qui terrorise les vierges de l’école secondaire – ou primaire, la virginité étant dorénavant une chose dont on se débarrasse tôt – et des extraterrestres cherchant à envahir notre planète. Étrange? Peut-être. Mais si ça me plait autant de penser à tout ça, c’est parce que je suis toujours le héros dans ces fichus histoires. Je suis le type cool, beau garçon et drôlement brillant qui déniche le Einstein des plan pour vaincre les morts-vivants et qui démasque le tueur sadique.

Ouais, j’ai toujours cru que j’étais ce gars là. C’était aussi évident que 1375 x 3199 font 4 398 625. Et puis, une nuit cette semaine m’a prouvé le contraire…

Cette nuit-là, j’me suis endormi sur le sofa. Je sais que c’est pas trop glorieux à admettre, mais quelques fois par année, j’me fais un marathon de Buffy the Vampire Slayer. C’est génial comme série! Y a même des scènes de sexe. Ça se passe sous les draps mais à moins que j’me trompe, ça reste du fichu sexe. Passons. J’me fais réveiller par un hurlement. Est-ce la télé? Non. Le dvd est terminé. Pas trop certain de ce qui se passe, je jette un coup d’œil au cadran. 3:41 du matin. J’entends à nouveau le crie. C’est une femme. Elle hurle, pleure et beugle des Non, non, non, non, non. Bon sang! Est-ce que je suis en train de rêver? Non, parce que Buffy est pas à poil à côté de moi.

Mon premier réflexe est d’enfiler mes pantalons – pas question de sauver une princesse en détresse avec mes boxers de Bob l’éponge – et de regarder la maison voisine. Il y a une fille magnifique qui habite à côté de chez moi – je croise les doigts pour qu’elle découvre pas que je tiens ce blog à la con – et je dois avouer que je serais plutôt heureux de la sauver. Après tout, ça me donnerait enfin une raison de l’inviter à prendre un verre et de paraître cool à ses yeux. C’est fou comme je deviens déficient et inintéressant en face d’elle!

Alors je regarde sa maison. Nada. Les lumières sont éteintes. La femme recommence à hurler. Ça provient d’une autre direction. Merde, il faut agir. Je descends illico au premier étage, je prends un couteau, enfile mes chaussures et… c’est tout. J’ai pas osé en faire plus. Ma raison a eu le dessus sur mon héroïsme et ma volonté est devenue paraplégique. Là, les scénarios ont envahi mon crâne. Et si c’était une histoire liée à la mafia? Et si c’était un monstre genre Freddy ou Jason? Et si elle-même tentait de me tendre un piège pour me piquer mes organes? Vous savez la phrase qui m’est venu en tête? Mauvais endroit, mauvais moment. C’est le point de départ d’une tonne de films d’horreur et si je suis pour me retrouver un jour dans un long-métrage, j’exige que ça soit un porno. Alors je suis bêtement retourné me coucher avec ce sentiment archi agréable d’être le plus triste des nuls et le plus nul des tristes. Mais quel constat d’échec! Je rêve depuis toujours d’être Luke Skywalker ou Han Solo; mais je serais même pas digne de faire une fellation à Robin.

Cette nuit-là, j’ai pas fermé l’œil. J’imaginais le tueur m’ayant vu ou le fantôme de la femme en détresse venant me hanter. J’ai passé les jours suivants à lire le journal et à regarder les nouvelles. Dieu merci : rien sur un évènement qui se serait passé dans mon quartier tranquille de ploucs. Ouais, c’est un sacré soulagement. Mais allez dire ça à ma conscience, à mon amour-propre et à mon héroïsme…