vendredi 1 mai 2009

Cette petite chose qu'on appelle les toilettes...


Je possède plusieurs névroses, je m'en cache pas. C'est pas trop glorieux quand on y pense une microseconde. Certaines phobies guérissent avec le temps ; d'autres restent et certaines diminuent avec l'âge. Mais y'en a une qui s’est installée et qui prend sans cesse de l’expansion. C’est la Godzilla de mes névroses ; le Titanic des trucs qui fonctionnent de travers chez moi. Aller aux toilettes ailleurs que chez moi. Je suis pas capable. Urinez ? Ça va. Quoique si je suis dans un endroit public et que je pisse avec d’autres types, j’me trimballe toujours la désagréable impression de posséder un pénis de nain. C’est peut-être une illusion d’optique. Ou je suis peut-être malchanceux à un point que chaque fois j’urine, un acteur porno décide de m’accompagner dans mon action. Mais en ce qui a trait à la grosse commission (communément appelé le numéro deux ou faire tomber son Sanchez), je bloque si je suis pas chez moi. Pour une tonne de raisons. La première qui me vient à l’esprit est l’odeur. C’est triplement con, mais je veux pas être jugé par les parcelles d’odeurs qui émanent de mon postérieur. Y a-t-il des gens qui évacuent des odeurs de miel ? De bonbons à la menthe ? Moi, quand j’me retrouve avec les pantalons aux chevilles, je sens le type qui vient de chier un cadavre. Alors pas question qu’une autre personne assiste à ce spectacle de bas étage. Le bruit. L’aspect sonore du numéro deux me dérange grandement. Je compare toujours ça aux fusils. Certains évacuent en mitraillette ; d’autres en canons et quelques uns en silencieux. De mon côté, j’me retrouve dans la tranche des tsunamis. Ça part dans toutes les directions et les dégâts sont irréparables. Des survivants ? Faut pas trop y compter. Comme je peux pas me laisser complètement aller ailleurs que chez moi, je laisse pas tomber mon Sanchez de la même façon si j’me retrouve en situation d’urgence. J’me charrie même l’impression que mes crottes se veulent moins coopératives. Certaines se frayent un chemin ; d’autres décident de rester à mi-chemin. Ça arrive toujours quand je suis ailleurs. D’autres que moi remarquent que je marche en pingouin ? C’est tellement stupide. Tout le monde va aux toilettes. Même Jésus devait pas y échapper (quoiqu’ils en parlent pas dans la bible) et devait empester sa petite bande de potes de temps en temps. Mais ça me rentre pas dans le crâne. Je veux pas qu’une personne me regarde et me dise : « Hey ! Je t’ai entendu. Je vais le dire à tout le monde et t’auras plus d’amis. ». Je pourrais pas me remettre d’une chose aussi terrible. Je devrais marcher la tête baissée jusqu’à la fin de mes tristes jours…

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