jeudi 10 novembre 2011

Vivre avec ses poils pubiens


Ce matin, alors que j’me tapais le premier de mes soixante-quinze pipis quotidien, la plus grande vision horrifique inimaginable s’est présentée à moi…

Bloody Mary dans mon miroir? Candyman qui tente de me trancher la gorge? Un farfadet accroc à la sodomie qui se cachait en position fœtale dans ma toilette?

Non. Bien pire mes amis. Affreusement pire…

Alors que mon pipi s’étirait à sa troisième minute d’existence, un constat effroyable m’a frappé en plein visage et a fait en sorte que j’ai vécu un de ces moments qui change une vie. Vous savez, le moment avant/après…

Bon sang : j’ai réalisé que mes poils pubiens sont plus longs que mon pénis! Merde. Seigneur, Jésus, comment est-ce possible? C’est la Quatrième dimension ou quoi? La rouquine étrangement sexy de X Files va enquêter là-dessus pour en faire un rapport au FBI?

Lorsqu’on réalise que ses poils pubiens possèdent une longueur d’avance sur notre pénis et qu’on doit illico écarter la possibilité de faire carrière dans le porno, on doit s’attarder à la question et envisager deux conclusions possibles.

Uno : l’hygiène personnelle n’est pas pour nous une chose importante. Secundo : la nature, dans toute sa méchanceté, ne fut pas généreuse avec nous.

C’est triste de se l’avouer, mais parfois, il faut considérer uno et secundo comme la conclusion logique d’un triste fait…

mardi 13 septembre 2011

Mon pénis et moi














J’ai dernièrement scénarisé un court-métrage de quelques minutes qui se nomme “Mon pénis et moi”. Le film en une ligne? Une comédie absurde sur un homme qui, lors d’une relation sexuelle, est prêt à tout faire pour empêcher son éjaculation imminente.

Je dois l’avouer : c’est le truc le plus autobiographique que j’ai jamais écris... aussi peu glorieux que cela puisse être. Quand j’avais dix-sept ans et que j’me trimballais cette étonnante capacité à jouir dans mon pantalon dès qu’une fille me disait bonjour, je m’étais développé un petit truc : celui de penser aux dialogues de “Pulp Fiction” lorsque mon micro-pénis était en action. Certains ont inventé l’électricité, d’autres le téléphone; moi, j’ai créé une façon de retenir une éjaculation. C’est lourd d’être un grand homme...

Ouais. J’avais juste à penser à John Travolta, les différences entre l’Europe et l’Amérique, les sous-entendus d’un massage de pieds et la surdose de Mia pour faire durer le plaisir. Merde. J’aurais dû breveter ça.

Est-ce que je le fais encore? Vous voulez rire! Maintenant, je suis rendu gros, vieux, blasé et tout ce qui m’intéresse, c’est mon petit plaisir personnel. Pourquoi je voudrais faire l’amour durant des heures? Y a tellement de choses à regarder à la télé...

Vos pouvez visionner “Mon pénis et moi” au http://vimeo.com/28915589




Mon Pénis et Moi from Eclectis Films on Vimeo.

mardi 9 août 2011

Suis-je une pute?


J’aimerais être le genre d’homme qui s’associe à une cause. Ça sonne bien et ça se trimballe un petit côté honorable. J’aimerais m’impliquer dans la société. Me positionner du côté des gagnants… être actif. Courir dans les rues lorsque la situation l’exige. Affronter le vent et le faire tourner. Célébrer les victoires durement acquises.

J’aimerais être un patriote et être fier de mon pays.

Le hic, c’est que la seule cause qui me vient à cœur est la mienne. Bien sûr, j’me sens un brin triste si un pays explose… mais cette tristesse n’est rien comparée à si je manque de l’électricité pendant une partie de hockey ou si je réalise que je suis devenu trop gros pour pouvoir enfiler mon t-shirt préféré de Oasis.

Moi, si j’étais une planète, je voudrais être Pluton. C’est loin, froid et petit. On ne rend jamais visite à Pluton et si vous voulez mon avis, Pluton s’en moque. Pluton ne répond jamais au téléphone et quand on l’invite à faire quelque chose, elle répond qu’elle a trop mal au ventre pour sortir.

* Avant qu’on m’emmerde sur le fait que Pluton n’est plus une planète, sachez que plusieurs scientifiques continuent à la considérer comme la neuvième planète de notre système. *

J’exerce un métier dans lequel l’intégrité est primordiale aux yeux de plusieurs. Certains scénaristes et auteurs sont prêts à se battre jusqu’à la mort pour défendre leurs points de vu et leurs convictions. Je trouve ça plutôt cool. Ces gens là peuvent discuter autant de politique et d’environnement que de cinéma.

Je voudrais tellement être comme eux. Mais je suis Pluton et Pluton, à part ses propres intérêts, possède un total analphabétisme sur ce qui l’entoure. J’ignore ce qu’est le gaz de Schiste; je n’ai aucune idée pourquoi les Israéliens et les Palestiniens ne sont pas des amis facebook; je ne comprends rien à l’économie; je n’ai jamais voté; je crois que les voitures hybrides sont comme des Transformers; j’aime le vin de dépanneur et j’ignore pourquoi le réchauffement climatique inquiète tant les gens. Nos étés seront plus chauds alors quel est le problème?

Donc, en plus de me trimballer aucune opinion sur ce qui est censé représenter les choses importantes de la vie, j’ai réalisé avec le temps que je ne possède aucune conviction. Si on m’offre un chèque, je vais vous pondre n’importe quelle merde que vous désirez. Je pourrais même concevoir une pub pour vanter les mérites du tabac et dormir comme un bébé qui s’est shooté du crack le soir venu.

Je suis ce qu’on pourrait appeler humblement et tout simplement… une pute. Ouais, je suis une salope de bas étage qui a perdu son amour-propre dans son enfance et qui n’a jamais pris le temps de la retrouver.

Dernièrement, j’ai énormément réfléchis à la question. Bon sang. Ce sujet me paraît bien plus important que l’économie et le sort de la planète. Donc, si on regarde ça de près, je suis en quelque sorte une pute. Bien. Que font les putes? Souvent, elles mettent des pénis dans leurs bouches. Bien. Elles le font en échange de quelques billets. Bien.

C’est à partir de ces constats que la question qui tue m’est venue à l’esprit : quel serait mon prix pour sucer le petit soldat d’un monsieur moustachu. Je mens pas : cette question m’a obsédé comme rien ne m’avait obsédé durant ma vie. Enfin, j’avais trouvé ma cause… mon principe pour lequel j’allais me tenir fièrement debout.

J’ai été voir mon papa.

- Papa : ça serait quoi ton prix minimum pour faire une fellation toi?

Mon papa n’est pas toujours fier de son fils.

- Un million. Non, plus que ça. Deux millions.

Ça me paraît cher la pipe ça. Il doit avoir des lèvres magiques je suppose.

J’ai ensuite appelé un copain. Comme il était pas là, je lui ai laissé un message sur le répondeur.

- Salut David. Salut Marie. Hey David : si t’avais à sucer quelqu’un toi, comment tu chargerais? Reviens-moi avec ça le plus tôt possible SVP…

Je crois que Marie me déteste.

Après avoir analysé les réponses de mes proches, de m’être creusé la tête durant des jours entiers et d’avoir calculé mes besoins essentiels durant une année, j’en suis finalement venu à établir un prix fixe.

Donc, si vous recherchez une fellation messieurs et toute la discrétion qui l’accompagne, vous devrez déboursez… 8147,76$. Oui, on peut se procurer les services de ma bouche pour un peu plus de 8000$.

Mais pour être un tantinet honnête avec vous, je trouve ça plutôt cher. C’est vrai : peut-être que mes fellations seraient les pires sur la planète. Peut-être que mes dents se montreraient trop actives. Donc, en calculant que je pourrais seulement sucer trois hommes par année et ainsi, toujours subvenir à mes besoins de base, j’ai baissé mon tarif à 2715,92$.

Je trouve ça pas si mal.

C’est là que j’me rends compte que mon père et moi sommes drôlement différents. Sa bouche se trimballe un statut de millionnaire… tandis que la mienne se charrie celle de la pute du quartier. Mais au moins, j’me dis que je suis honnête avec moi-même.

C’est toujours ça…

Regrets scatologiques


Je pourrais pas expliquer le pourquoi de la chose mais dernièrement, je réalise que je verse dans la nostalgie facile. Intensément. C’est peut-être l’approche de la trentaine. C’est peut-être le fait que je deviens plus con et gros chaque jour. Même si je n’y vois aucun lien, j’aime me dire que c’est peut-être de la faute au réchauffement climatique…

Depuis quelque temps, j’ai recommencé à écouter du Guns N’ Roses. Je fredonne du Bon Jovi et Bryan Adams en me tapant la vaisselle. Je repense à des séries comme Daria et Beavis & Butthead avant de m’endormir. Je réfléchis à ce que sont devenus mes amis du secondaire. Je pourrais les retracer avec facebook… mais je préfère utiliser ce temps pour retrouver des vidéos pornos sur le web que je regardais lorsque j’étais cet ado maigrement laid et boutonneux obsédé par Back to the Future.

Pour une raison qui m’est aussi totalement inconnue, c’est en faisant l’épicerie et en fixant les boîtes de céréales que je repense aux centaines de filles à qui j’ai offert mon corps au secondaire… et aux deux idiotes qui ont accepté mon offre peu alléchante. Je serais prêt à parier les quinze dollars qui gonflent mon compte en banque que vous le regretter mes chères…

On peut presque dire que c’est officiel : j’me tape une mini crise de vie. La scène classique de l’imbécile de banlieue qui porte des bas en dessous de ses sandales. Ça serait pas trop grave si ça s’arrêtait à ces trucs mais le hic, c’est que je commence à me trimballer des regrets. Une tonne. Et ça, c’est le genre de chose qui envahit votre tête et qui la fait capituler.

Est-ce que j’aurais pu m’appliquer davantage à l’école et ainsi, m’offrir la chance d’exercer une meilleure profession? Absolument. Aurais-je du faire plus de sport pour ainsi exposer mon corps d’athlète sur les plages de Old Orchard? Oui monsieur. Aurais-je du dire non à la première bière qu’on m’a offerte? Mon cœur dit non mais mon foie hurle que oui. Est-ce que j’aurais pu me montrer moins égoïste et m’investir à 100% dans mes relations? Oui, oui et triple oui.

Ouais, toutes ces choses devraient un brin m’inquiéter et me forcer à entreprendre une réflexion sur mon existence… me pousser à devenir une meilleure personne. Mais le hic, c’est que je m’en balance. Pour être archi honnête et tout, je m’en fous royalement. Les regrets qui m’empêchent de dormir n’ont rien à voir avec ceux mentionnés plus haut.

Pour ceux que ça intéresse, les regrets qui hantent ma vie sont si accablants que j’me demande parfois si je pourrais passer à travers cette sombre période de mon existence.

Quand j’étais jeune et excité par tout ce que la vie sur terre pouvait m’offrir, j’me charriais trois rêves : faire caca dans un urinoir, coller ma langue sur un poteau gelé l’hiver et faire l’amour avec une grosse femme dans un bain de jello. Je pensais constamment à ces accomplissements et j’me disais que je serais un homme admirable si je réussissais à les mener à exécution.

Je croyais qu’on se souviendrait de moi si j’étais cet homme héroïque qui aurait le courage de faire un immense caca dans un urinoir. Je croyais que le premier ministre du pays créerait un jour férié en mon honneur si je collais ma langue sur un poteau gelé l’hiver. J’étais persuadé que toutes les femmes de la terre voudraient jouer avec mon petit soldat si elles apprenaient que je m’étais envoyé une grosse dame dépourvue d’amour-propre dans un bain de jello.

J'étais jeune. J’étais naïf. Je visais haut. J’avais des rêves titanesques. Le monde se voulait un terrain de jeu et j’étais sur le point d’en devenir le propriétaire.

Maintenant, je ne suis plus si jeune. Je suis blasé. Je vise le sous-sol. Mon plus grand rêve est d’entreprendre un sac de chips sans me sentir obligé de le terminer. Je suis propriétaire d’une voiture qui est moins dispendieuse qu’un pédalo. Si je suis devenu l’homme fade que je suis, c’est à cause de ce magnifique caca que je n’ai jamais pondu dans un urinoir; de ce poteau gelé qui attend toujours ma langue et de cette grosse madame qui espère recevoir une invitation à forniquer dans un bain de jello.

Oui, on m’avait prévenu que la vie était difficile… mais jamais j’aurais cru en baver autant.

Fichus regrets; fichu moi de m’être donné des rêves si impossibles à accomplir…

jeudi 7 avril 2011

Kim et la masculinité disparue

Plus que tout, y a deux choses qui fracassent royalement le moral de petit Kim : se trimballer un prénom de bonne femme et Guillaume alias le playboy, son coloc. Ouais, y a disons 9713 choses qui tournent pas dans l’orbite terrestre dernièrement : ses doigts ont pas effleuré une princesse depuis l’invention du téléphone, son envie de se dénicher une carrière est plongée dans un coma très comateux et il se doute qu’il ait vraiment envie de toucher une puce. Et puis, avec petit Kim comme prénom, il faut se charrier une satanée assurance sexuelle pour dépoussiérer les toiles d’araignées qui ornent ses testicules.


Guillaume alias le playboy est un trou-de-cul quand on y pense un peu. La seule raison pour laquelle il partage son appart avec petit Kim, c’est pour la hiérarchie de l’image. D’un côté du ring, on retrouve un colonel décoré qui saute régulièrement des bonnes femmes et qui se trimballe une opinion sur un peu tout. Son adversaire, lui, s’est vu attribué à la naissance un charisme aussi impressionnant qu’une éponge qu’on a utilisée pour faire briller une toilette chimique.



En ce moment plutôt précis, petit Kim est en pyjama Bob l’éponge, dans un bain crasseusement vide, à lire des magazines pour adolescentes boutonneuses et connes. C’est son endroit de choix quand Guillaume alias le playboy organise des soirées chaudement sexe dans lesquelles son arriéré de coloc est pas invité. Quand on y pense, y a pas de raison de se mêler à eux ; mais y a pas de moyens de s’en débarrasser non plus. Petit Kim sait, par expérience de looser certifié, que les amis de Guillaume alias le playboy auront souillé son lit avec leurs saloperies sexuelles d’ici la fin de la soirée. Il distribuerait bien une razzia de coups de pieds aux culs, ouais, mais son ossature a pas jugé bon de suivre l’évolution des années.



Alors il est là, dans le bain, à lire toutes ces conneries pas possibles qui squattent l’endroit. Guillaume alias le playboy se charrie même une théorie sur le sujet : selon lui, y a pas d’endroit plus stratégique pour la lecture. Sa pensée darwinienne se veut que l’homme est plus apte à apprendre après une bonne décharge. Quel triso! Petit Kim le méprise à un point historique ce trou-de-cul. Mais laissons tomber la flafla et disons le franchement : il méprise un peu toute l’humanité.



Bon Dieu qu’il en a vu des situations tordues de sa position fœtale dans le bain. Il repense à cette fille triplement moche qui tentait de se faire vomir mais qui s’est coupé un doigt avec une dent ; ce con qui se mettait de la pâte à dents sur les pectoraux pour les faire reluire ; un alcoolo en voie de devenir l’ivrogne du quartier qui demandait à une fille d’y aller mollo car il était puceau et revenir plus tard avec une autre chérie pour lui sortir les mêmes conneries. Honnêtement, petit Kim a failli décorer son pyjama favori d’urine quand la puce lui a balancé que c’était normal que la première fois soit aussi nulle qu’une ballade à travers le Canada.



Alors que petit Kim feuillette un article passionnant sur l’énigmatique écoulement vaginal chez les femmes ménopausées, une princesse pas croyable du nom d’Ariane rentre façon ballerine dans la salle de bain et s’assoit à la toilette. Elle se veut désirable sur toute la ligne la chérie. Mais ça, pas question que petit Kim le vérifie ; un type qui aborde une inconnue alors qu’il est en pyjama Bob l’éponge dans son bain donne rarement une première impression qui réchauffe le cœur d’amour.



- C’est toi, petit Kim?



Ça, il peut juste pas le croire. Mais qu’est-ce qui peut bien se passer à cette imbécile de fête chaudement sexe? Ils s’ennuient dans leur débauche au point d’envoyer la plus chouette des puces chouettes pour lui briser le cœur? Pas question qu’elle lui fracasse le moral celle-là. Cette garce, il va l’envoyer ch …



- Peut-être, ouais.



Le courage est pas vraiment la qualité première de petit Kim.



- Si c’était pas toi dans le bain, ça fait longtemps que j’y serais.



Ça veut dire quoi au juste? Qu’elle comprend le malfonctionnement du cerveau de petit Kim ou qu’elle pue? Rendu à ce point, il a plus trop de choix de réponses devant lui. Alors il tire le rideau et s’expose à sa protagoniste comme il est : un arriéré doré dans un pyjama de Bob l’éponge dans un bain sec à lire sur les bonnes femmes ménopausées. Il la trouve superbe. Trop pour la catégorie dans laquelle il se fait mettre constamment knock-out.



- Ça te dérange pas de me faire une petite place? Je vais me faire petite, petite, petite …



Petit Kim éprouve ardemment ce désir étrange qu’est de partager un bain vide avec une inconnue entreprenante. Grâce à son éducation catholique, il croyait pas trop que les filles pouvaient se payer le luxe des premiers pas. Mais il se rappelle illico une autre chose : il se prénomme petit Kim, un pyjama de Bob l’éponge orne son manque de musculature et des informations cruciales sur les pertes vaginales chez les princesses ménopausées hantent ses mains.



Mais malgré tout ce manque de royauté et de prestige, Ariane la jolie s’assoit à ses côtés et entreprend un blabla pas trop intéressant. Faut un début à tout qu’il se dit. Et c’est une fille. Alors mettons une pause aux principes du christianisme.



Puis pour contredire toute logique qui régit notre bas monde, la puce l’embrasse. Et pas rien qu’un peu. Langue, salive et bactéries. Petit Kim se dit que la dernière fois que sa bouche avait triomphalement accueilli une langue étrangère, c’était… mais c’était quand exactement?



Ariane la jolie le touche. De haut en très, très bas. Petit Kim réalise avec une fierté de confédéré que tout est à la bonne place et que l’artillerie, aussi rouillée qu’elle puisse l’être, fonctionne toujours. Sortez les cornemuses militaires. Mais Ariane la jolie met un arrêt de bus à son tripotage, lui montre toute la blancheur de ses dents et quitte le paquebot en ramant de toutes ses forces.



- Il bande! Il bande! Y’est pas aussi weird que tu le disais ton coloc!



Petit Kim resta dans la salle de bain avec le sentiment moyennement agréable d’avoir été utilisé. Mais au moins, le machin truc qui décore timidement son entrejambe fonctionne toujours. La consolation du prix du meilleur esprit sportif on dira.

Laurence pas trop belle

C’est l’histoire de la femme la plus perverse au monde et du pire des imbéciles jamais connu.

Alors, lumières, caméra, action.


Tous les gars de mon quartier avaient bizarrement dit adieu à leur pucelage avec la même fille… Laurence pas trop belle, une petite puce qui se trimballe aucun amour-propre à ce qui parait. Mais pas moi. Elle m’avait pas offert ce privilège. Même le petit rouquin anorexique qui dit des p au lieu des b avait expédié la dame au septième ciel de l’Iowa. Ça devenait embarrassant. Il fallait réagir. Dans le très maintenant.


Je suis donc allé faire un tour chez une sorte d’ami que j’avais, question de préparer le terrain. Bien entendu, il la connaissait en parfaite profondeur.


- Wow! T’as pas perdu ton pucelage? Ok … j’te dirais qu’avant de t’embarquer là-dedans, tu dois savoir quelques règles.


- Ah ouais? que je fais. Comme… ?


Si j’avais un calepin, je prendrais des notes. Mémo à moi-même : me procurer un calepin.


- C’est des règles immanquables. Quand elle est sur le point de devenir folle d’excitation et que tu sens que tu contrôles à fond la situation, tu dois crier de toutes tes forces AUX AGGUETS!!!


- AUX AGGUETS?


- Ouais. Et petit truc comme ça : prépare toi une bonne doses de saloperies.


Quelques jours plus tard, je tombe sur ma princesse qui dégage en permanence cette odeur de sexe et bonbon au Corona, un petit bar de quartier fréquenté en majorité par des gens qui sont devenus des hommes grâce à elle. Alors je lui paye un verre et je multiplie ce nombre jusqu’à temps que mon portefeuille me supplie de le réanimer. Bon sang. Je vois plus très bien. Je la trouve presque un peu jolie ma Laurence pas trop belle. Disant adieu à mes inhibitions et réalisant que mon amour-propre a pris le bus sans moi vers une destination inconnue, je lui propose de faire connaissance avec la toilette des hommes. Elle me dit qu’elle les connaît très bien. En revanche, celle des femmes lui sont plutôt inconnues.


- Allez hop, cow-boy! qu’elle me dit.


Alors sans rentrer trop dans les détails, je lui lance sur place un truc un peu dégoûtant.


- Oh oui!!!


La confiance gagnant, je grimpe d’une coche dans la vulgarité. Y’a pas de quoi rendre sa mère fière.


- Oh oui!!!


Et c’est là que j’me rends compte que ma banque de donnés est épuisée. À sec.


- T’arrête pas. Mais qu’est-ce qui se passe?


Il se passe que mon puit d’insultes a un fond. Je suis catholique moi tu sauras. L’heure est plutôt grave. Je lui grogne d’une voix des cavernes des consonnes à l’oreille, mais on voit bien que c’est pas suffisant. Heureusement, on m’a appris à réagir avec calme et subtilité lors des moments intenses durant ma jeunesse. Malheureusement, on me l’a juste mal enseigné.


- Tu sais, l’orgasme d’un cochon dure 30 minutes.


Début de refroidissement.


- C’est chouette, tu trouves pas?


L’ère glaciale est annoncée. Il faut parer, réagir, contre-attaquer.


- Quand même, quand on y pense, ils ont la belle vie les lions. S’accoupler 50 fois par jour. Wow!


Congélation totale. Même cet arriéré de Walt Disney l’est pas autant.


- Tu sais que le sexe est le meilleur moyen pour perdre des calories? Mais tu peux aussi en dépenser 150 en te frappant la tête contre un mur pendant une heure. Ça peut te paraître cinglé, mais y a une fille, dont je me rappelle plus très bien le nom, qui a essayé…


Je m’écoute plus parler. Mes lèvres bougent, mais le volume est sous zéro. Y a cette légende urbaine sur ma famille : elle raconte notre extraordinaire capacité à s’enfoncer plus profondément que le commun des mortels. Alors qu’elle me regarde comme un déficient profond (à vrai dire, elle me regarde comme si je lui avais parlé de l’orgasme du cochon et de l’accouplement des lions), j’me rends compte qu’il me reste quand même un truc à faire avant de baisser définitivement le drapeau. Et c’est …


- AUX AGGUETS !!!


C’était l’histoire de la femme la plus perverse au monde et du pire des imbéciles jamais connu.

jeudi 27 mai 2010

Mayonnaise raciste et laitue antisémite

Y a de ça pas très longtemps, on m'a demandé d'écrire une nouvelle pour une soirée littéraire. J'ai accepté mais ma motivation était à zéro. J'ai donc pondu le texte le plus arriéré de la planète... vous savez, celui qui donne raison à vos parents de vous avoir abandonné. Le hic, c'est que j'ai commencé à aimer cette histoire à la con et je ne pouvais plus m'arrêter. Résultat des courses? Le texte fut jugé trop osé et provocant pour le public qui assisterait à la soirée. Bon sang! Pourquoi? Les gens ont besoin de savoir qu'il est tout à fait normal d'avoir des érections lorsqu'on prépare un club sandwich. C'est naturel! Il faut mettre fin à cette censure et à notre racisme des clubs sandwichs. Martin Luther King avait sa cause, Gandhi aussi... maintenant, j'ai la mienne mes amis.
***
Quand mon père m’a appris que ma mère l’avait quitté, je l’ai traité de salope. Mon père a sourit. Je suppose que c’était un de ces moments de complicité comme on en voit au cinéma. Genre, belle chanson, gants de baseball, jus de pomme. Je m’en suis voulu de l’avoir traitée de salope. Elle a quand même été assez cool pour m’avoir porté pendant neuf mois. Je préférais plutôt la voir comme l’affreuse sorcière dans « La magicien d’Oz ». Bon, c’est déshabiller Pierre pour rhabiller Paul quand on y pense; mais ça reste tout de même plus poli. Quand vos parents se séparent, on se sent comme des globules blancs devant un cancer généralisé. On se bat mais c’est pour la forme. Moi, j’avais peur de devenir l’enfant de personne. Un enfant de vingt-trois ans qui craint le rejet plus qu’une MTS, faut le faire. Alors, après que mon père m’ait appris que ma mère l’avait quitté et après l’épisode « Non mais tu parles d’une salope », j’ai dit à mon père qu’il était pas question qu’elle obtienne ma garde. Ouais, j’me suis senti con à genre 3.7 sur l’échelle de Richter. Mais en y pensant rien qu’un peu, je crois que c’était plus par solidarité masculine si je proclamais mon père propriétaire de mon corps. Pas incestueusement parlant, bien sûr.

Quand j’ai accepté de revoir ma mère, j’ai finalement compris pourquoi elle décidait de quitter le groupe pour faire une carrière solo. À ce qu’il paraît, il n’existait qu’une seule façon pour donner une érection à mon petit papa : l’appeler Paulo au lit. Marc, c’est ça le nom de mon père… Marc. Merde. Comment on en arrive à développer une névrose du genre? Ça me dépasse. Ma mère l’aimait encore un peu je crois; mais elle en avait son quota du beau Paulo. J’en suis rapidement venu au constat que le con méritait d’être célibataire. On devrait même le castrer et en faire un chanteur d’opéra en guise de punition. Il a tenté de me donner des explications pour alléger sa culpabilité mais on était genre à des années lumières de s’entendre. Non mais quelle honte d’avoir des parents comme ça! J’ai pris la décision que c’était mieux de cesser de les voir. Ils auraient pas pu être comme ceux de Nicolas Côté, une famille de ploucs de notre quartier? D’accord, garçon Côté était pas trop brillant et il aurait pas inventé la roue même si on lui avait donné le plan – il avait depuis toujours cette habitude d’arracher ses poils pubiens, question de pas trop s’éloigner de son enfance il disait –, mais ses parents avaient compris comment la vie fonctionne. Aux élections, madame votait toujours pour le même candidat que monsieur et le samedi soir, peu importe qu’une guerre bactériologique éclate ou que les zombies prennent contrôle du pays, la case horaire de 22h15 à 22h23 était réservée au sexe. J’ai toujours rêvé d’une relation comme ça. Romantique? Pas trop. Mais aussi pratique qu’un manuel d’Ikea…

Y a de ça pas très longtemps, j’ai acheté une tonne de bières pour l’anniversaire de Samuel. C’était un ami mais pas trop. Son aura est beige. Si Samuel était de l’eau, il serait de l’eau tiède… une eau qui veut se faire oublier. Son seul intérêt réside dans le fait qu’il soit roux et qu’il est la seule personne que je connaisse plus moche que moi. On est carrément nés pour un petit pain. Ce qui a d’encore plus triste, c’est que sobre, Samuel et moi on avait jamais rien à se raconter. De toute façon, j’ai jamais rien à raconter à personne. Les gens peuvent être tellement cons. Qu’on se demande pas pourquoi je suis aussi rabat-joie : après tout, celui qui a utilisé ses spermatozoïdes pour me donner la vie aime qu’on l’appelle Paulo lorsqu’il fait de la lutte au lit.

Mais bref. Samuel, ayant décidé de boire avec une paille question de supporter le moins longtemps possible ma présence en état de sobriété, me demande ce que je pense de la sodomie. Wow! Qu’est-ce que je pense de la sodomie? C’est pas la ville biblique en Israël? Bon sang. Je connais le sujet autant que la physique quantique. Non, c’est un mensonge ça. Je sais que Max Planck est considéré comme le père de la physique quantique; mais j’ignore qui s’est approprié le titre de paternel de la sodomie. Quoique j’avoue que ça doit bien paraître sur un CV ça. Hobbys? Vélo, lecture, cinéma, papa de la sodomie…

Alors Samuel, avec un manque d’amour-propre qui m’apparaît comme inégalable dans l’histoire de l’humanité, me déclare qu’il aime bien commencer son matin en s’aventurant dans la grange arrière de son amoureuse. Sa théorie, aussi boiteuse qu’elle puisse paraître, tient bien la route si on est une merde dénudée de conscience : plutôt endormie, elle lui offre un minimum de résistance et lui peut partir au boulot avec cette sensation chrétienne d’avoir accompli une bonne action. Les gens sont d’une perversité effroyable. Pourquoi faire du bénévolat ou nettoyer des plages lorsqu’on peut transformer son matin en film pseudo érotique? Même Bleu nuit à mon époque se trimballait plus de classe que ça.

Je crois que ça l’a pas pris plus de sept secondes avant que je signe les papiers visant à déclarer que mon amitié avec Samuel appartenait au passé. J’ai même tenu à inclure une clause dans laquelle je souhaitait à sa copine de découvrir la vraie manière de se réveiller le matin : café et douche. Ouais, je suis dorénavant, du genre officieusement et contractuellement parlant, la personne la plus rejet que je connaisse. Samuel n’a été que la pointe de la perversité à laquelle je tente d’échapper. Si j’étais un film d’horreur, le sexe serait joué par genre Freddy ou Jason et moi, je serais l’héroïne à la grosse poitrine qui se cache dans le grenier. Merde. J’ai même renié mon frère depuis qu’il m’a appris qu’il aime engourdir sa main pour ensuite se tripoter le petit soldat avec – il appelle ça L’étrangère… ce qui est peut-être la version féminine d’un affreux livre que j’ai du me taper à l’école – et j’ai rompu tout contact avec mon copain Guillaume quand il m’a avoué que si sa partenaire lui demandait, il était pas contre l’idée de porter une couche pendant les préliminaires.

Je suis pas sûr d’aimer le monde dans lequel je vis. Est-ce que je suis le seul catholique de normal qui reste sur notre planète? Je commence à croire que Galilée avait pas découvert que la terre était ronde; mais qu’elle était en forme d’une grosse couille poilue qui rend ses occupants sexuellement dérangé. C’est pour ça que l’Inquisition lui a réglé son compte… il en savait trop le petit salaud. Moi, comme une gentille vierge naïve qui croit qu’un cancer de la peau peut se régler avec une lotion solaire ou qu’il suffit qu’on coupe la moustache à un pédophile pour qu’il cesse d’offrir des caramels à des gamins joufflus, j’ai longtemps cru être à l’abri du fléau des perversités. Le Jésus des bonnes mœurs sexuelles. Le Saint François d’Assise de la pureté morale.

Ouais, je croyais ça jusqu’à temps que je sois engagé comme cuisinier dans ce petit casse-croûte et que je découvre que de préparer des clubs sandwich me donnait automatiquement une érection et faisait naître en moi des propos antisémites…

Y a de ça pas trop longtemps, j’ai fait un gros doigt d’honneur à mon travail au centre d’emplois jeunesse. Le patron était, à l’échelle des anus, au niveau des saints. Sa politique était que si tu bosses pour lui et que t’es une demoiselle qui se trimballe pas d’embonpoint, tu dois porter une jupe. On est le 13 février et il fait genre moins 127 degrés? Je m’en fous. Expose tes cuisses ma jolie. Bon sang que je déteste être un homme et d’appartenir à cette sous ethnie. Des savants de la Nasa devraient abandonner l’idée de coloniser l’entièreté de la galaxie pour se pencher sur un médicament qui empêcherait certains cyanures de potassium comme mon ancien patron de s’armer à tout jamais d’une érection. De toute façon, le monde se porterait définitivement mieux si l’unique utilité d’un pénis au garde à vous était de permettre à un homme d’uriner par-dessus un mur.

J’me suis donc trouvé un travail de cuisinier dans un casse-croûte de mon quartier. L’illustre casse-croûte Chez Gaétan. Gratifiant, payant et spirituellement bonifiant? On repassera pour les lettres de noblesse et le snobisme. Mais j’avais plus à me taper du boulot d’équipe et ça, c’est une équation gagnante. Le calcul est affreusement simple : les gens sont égales à la perversité et la perversité est égale à moi qui est malheureux. Pas aussi élaboré que la topologie algébrique d’Alexander Grothendieck mais au bout du compte, ça m’offrait un travail anonyme comme je les aime et qui, avec un peu de chance, me permettrait un jour de mourir dans la plus parfaite indifférence.

Mais bon, même si le tout m’avait profondément ennuyé à l’époque que mes fesses fréquentaient les chaises d’école, j’étais maintenant d’accord avec le petit Hamlet lorsqu’il disait qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Moi, ça été d’apprendre que mon nouveau patron se nommait Paulo. Sur le coup, j’ai même failli refuser le poste. Et si mon lieu de travail était basé sur le fait que Paulo aime se faire appeler Gaétan lorsqu’il se retrouve à faire des push up à deux sur son lit? Bon sang : valait mieux pas y penser. Le truc, c’est que j’aimais tellement la perspective du manque d’éclat que pouvait m’apporter ce boulot que j’ai décidé d’attraper une cécité corticale par rapport à la question, de tout oublier et de m’appliquer à devenir le cuisinier de casse-croûte le plus inconnu de l’histoire. Et puis y a fallu que ce couple d’obèses qui débarquait de Castleton, au Vermont, commande le combo super club sandwich…

Qu’est-ce qui est inoubliable dans la vie? Les premières fois. Y a les premiers baisers, sa première gorgée de bière, la première voiture, un premier bébé… moi, ça été mon premier club sandwich au casse-croûte Chez Gaétan. Ça prend pas un doctorat en sémiologie pour y arriver. Il faut du pain, du poulet, des tomates, de la mayo, de la laitue, des cure-dents et du bacon. Certains aiment bien rajouter un zeste de Tabasco mais je suis pas de cette école. J’étais heureux de préparer ce repas pour ces Américains qui, j’en suis plus que certain, avaient du avaler des quantités incalculables de clubs sandwichs depuis leur naissance. Et c’est là qu’une érection, aussi inattendue que ferme, est apparue dans mon pantalon pour me faire un coucou.

Alarmant? La majorité des hommes diraient non. Ils en auraient pas fait un grand cas. De toute façon, les hommes ne se posent jamais de questions, trop intimes et attentifs aux demandes de leurs pénis, toujours prêts pour un ça va, ça vient… comme disait le type de ce film dans lequel les oranges étaient supposément mécaniques. Moi, j’me plais à l’idée que chacune de mes érections soient aussi uniques qu’une éclipse de lune. Lorsque j’imagine une femme, ce qui m’excite au zénith, c’est l’évolution de notre vie commune. Je la rencontre, elle me sourit, je l’invite à prendre une crème glacée à la vanille avec un enrobage au chocolat, on se tient la main, on fait du pédalo, on s’embrasse devant la porte de ses parents et après quelques mois, je lui demande de devenir ma femme. C’est à partir de ce moment – si elle dit oui, bien sûr – que j’me sens à l’aise à l’idée d’avoir une érection. Après tout, c’est mon épouse, alors ça va. Mais j’me suis pas imaginé du sexe marital devant ce club sandwich qui, je le jure, n’avait absolument rien d’une femme que je voudrais épouser.

Et puis, le même manège a recommencé le lendemain. Nouveau club sandwich, nouvelle petite colline dans mon pantalon. Dès que je terminais de préparer l’assiette pour m’attaquer à un nouveau repas, mon érection brandissait le drapeau blanc et s’offrait des vacances au pays de l’impuissance. J’me voyais mal en parler à Paulo et ce, pour plusieurs raisons. Primo : mon papa s’approprie son prénom lorsqu’il cherche du plaisir et tertio, lorsqu’on commence à raconter ses perversions aux gens, ça leur donne l’impression qu’ils peuvent en faire de même. C’est genre un billet aller-retour sur la débauche morale. J’me suis dit que la meilleure chose à faire était de mettre mes soucis au placard et de m’appliquer à augmenter le haut taux de cholestérol de nos clients. Ça devait être une mauvaise phase je suppose.

Le midi suivant, quand Paulo m’a crié « Combo super club sandwich », j’ai regardé le pain, le poulet, les tomates, la mayo, la laitue, les cure-dents et le bacon. J’ai jeté un coup d’œil au Tabasco en lui faisant comprendre que j’étais pas de cette école. J’ai réalisé que je devais me tenir devant ces aliments comme s’ils étaient un ours noir. Calme, confiant, pas de mouvements brusques… les petits salauds ne doivent pas renifler ma peur. Puis un truc est arrivé. En appliquant la mayo, j’me suis tout bonnement mis à penser que tous les Arabes sont des terroristes, que les Mexicains sont des fichus fainéants et que le Klu Klux Klan me semblait une association assez chouette à intégrer. En déposant la laitue sur le poulet, j’me suis imaginé des Nazis qui débarquaient dans le grenier de la petite Anne Frank pour lui faire un coucou. En plus de me trimballer une érection qui aurait pu à elle seule détruire le mur de Berlin, j’aurais voulu mettre toutes les minorités de la planète dans un malaxeur pour m’en faire un milk-shake. Bon sang. Y a pas à dire : quand Paulo est venu chercher le combo super club sandwich, j’étais aussi perplexe que Pluton a pu l’être lorsqu’on lui a appris qu’elle était plus assez cool pour être une planète.

Individuellement parlant, le pain, le poulet et tous leurs petits copains ne me font pas le moindre effet. Je suppose que c’est comme la bombe à neutrons : enlever lui sa quantité nécessaire de tritium et vous vous retrouvez avec un pétard mouillé. J’en étais venu au constat que si je veux combattre mon ennemi, je dois connaître mon ennemi. Si Superman peut vivre au quotidien avec la menace de la kriptonyte, je peux sans doute amadouer un fichu club sandwich, non? Dans les films, quand le héros se tape des recherches sur des microfilms dans une bibliothèque sombre et poussiéreuse, il tombe toujours sur un truc qui change complètement le cours de son existence. C’est le genre de moment qui tombe à la fin du deuxième acte en général. Si vous allez aux toilettes pendant ce moment, y a de sacrées bonnes chances que vous vous mettez à vous engueuler avec votre vessie.

Puis, y a le monde réel, les recherches rapides en mangeant un pogo qui est resté froid au milieu et les renseignements toujours fiables de Wikipédia. Paraîtrait qu'un bon soir, un gars du pays de l’oncle Sam serait rentré chez lui et comme sa petite femme s’était éclipsée, il a dû préparer son repas lui-même. Histoire terrible à la Lovecraft. Affamé et très con, le pauvre homme assembla du pain grillé avec du poulet, du lard et des tomates. Échec et math. Comme le petit père faisait partie d’un club, il en a parlé à ses amis qui étaient aussi cons que lui et le sandwich se serait propagé aussi vite que l’herpès dans une résidence universitaire. Y a même une légende urbaine, du genre Candyman, qui raconte que le club sandwich était le repas favori de l'ancien roi Edouard VIII d'Angleterre.

Lorsque j’me suis couché ce soir là, j’me suis mis en mode réflexion, avec le cerveau allant au moins à vingt-sept chevaux vapeur. J’ai réalisé qu’on ne peut pas être tous des types comme Hérode, Ramses 2 et La Fayette. Pour un gars à la mâchoire carrée qui serait prêt à parcourir la planète rien que pour sauver un chiot sidatique, y a en toujours un comme moi qui baissera les yeux lorsqu’un problème cognera à sa porte. Est-ce que mes recherches m’ont été utiles face à mes érections antisémites et mes spermatozoïdes qui chantaient en chœur des hymnes propagandistes? Est-ce que j’ai osé demander à Paulo si tous les cuisiniers qu’il avait engagés avant moi fantasmait sur l’idée d’envahir l’Europe lorsqu’ils concoctaient des clubs sandwichs? La vérité, c’est que toute ma vie, j’ai fuit. J’ai lâchement abandonné tous mes navires, laissant ainsi mes moussaillons à la dérive avec un peu de rhum. Haine facile tu as, me dirait ce nain de Yoda. Au primaire, j’ai démontré le plus méprisable des mépris envers Yannick Chouinard pour la seule et unique raison qu’il était convaincu qu’il n’y avait pas plus beau mot dans la langue française que califourchon. Mon choix était et demeurera à tout jamais jujube. En secondaire trois, j’ai tout fait pour changer d’école quand mon meilleur ami de l’époque, Olivier Maltais, m’avait raconté ce rêve dans lequel il tétait les seins d’une femme enceinte pour ainsi lui voler son lait et y tremper ses Oréos.

Quand j’étais plus jeune, mon père, alias Paulo le pervers, m’a dit de ne pas juger les autres si je voulais pas qu’on me juge. Plutôt censé venant la part d’un mécanicien je trouvais. Puis j’ai réalisé qu’il avait piqué ça dans Jésus de Nazareth et comme je déteste ceux qui citent les films, j’ai pris son conseil et je l’ai apporté dans un crématorium pour qu’il soit incinéré. Bon sang. Si seulement je pouvais mettre la main sur une Dolorean volante et remonter le temps, je demanderais à mon petit papa qu’il m’en apprenne plus sur ce type qui est né en l’an zéro, qui traînait toujours avec ses douze copains et qui semblait ne pas avoir besoin de barboteurs lorsqu’il se baignait.

Je m’appelle Thomas et j’ai vingt-neuf ans. Si on veut être archi-précis, ça me fait en tout 10 723 jours. Je dirais pas non à l’idée de rencontrer une bonne petite chrétienne. Je crois que j’en suis au moment de ma vie où je le mérite. J’aime marcher en raquettes, découper et coller dans un cahier les produits dans les catalogues que je rêverais de m’acheter, m’endormir sur mon sofa tous les mercredis soirs, manger des bonbons et commencer un roman par la dernière page. Côté carrière, j’avance un peu en reculant disons. Une stagnation professionnelle. On peut pas dire que l’ambiance à mon ancien boulot était ce qu’on peut appeler très saine. Je crois que je cherche une fille simple, souriante, gentille avec les personnes âgées. Le poids m’importe peu. Quelqu’un qui mange sainement, ça serait bien. J’essaie d’éviter la malbouffe et des trucs comme les clubs sandwichs dernièrement. Question de me garder en forme si on veut…