Y a de ça pas très longtemps, on m'a demandé d'écrire une nouvelle pour une soirée littéraire. J'ai accepté mais ma motivation était à zéro. J'ai donc pondu le texte le plus arriéré de la planète... vous savez, celui qui donne raison à vos parents de vous avoir abandonné. Le hic, c'est que j'ai commencé à aimer cette histoire à la con et je ne pouvais plus m'arrêter. Résultat des courses? Le texte fut jugé trop osé et provocant pour le public qui assisterait à la soirée. Bon sang! Pourquoi? Les gens ont besoin de savoir qu'il est tout à fait normal d'avoir des érections lorsqu'on prépare un club sandwich. C'est naturel! Il faut mettre fin à cette censure et à notre racisme des clubs sandwichs. Martin Luther King avait sa cause, Gandhi aussi... maintenant, j'ai la mienne mes amis.***
Quand mon père m’a appris que ma mère l’avait quitté, je l’ai traité de salope. Mon père a sourit. Je suppose que c’était un de ces moments de complicité comme on en voit au cinéma. Genre, belle chanson, gants de baseball, jus de pomme. Je m’en suis voulu de l’avoir traitée de salope. Elle a quand même été assez cool pour m’avoir porté pendant neuf mois. Je préférais plutôt la voir comme l’affreuse sorcière dans « La magicien d’Oz ». Bon, c’est déshabiller Pierre pour rhabiller Paul quand on y pense; mais ça reste tout de même plus poli. Quand vos parents se séparent, on se sent comme des globules blancs devant un cancer généralisé. On se bat mais c’est pour la forme. Moi, j’avais peur de devenir l’enfant de personne. Un enfant de vingt-trois ans qui craint le rejet plus qu’une MTS, faut le faire. Alors, après que mon père m’ait appris que ma mère l’avait quitté et après l’épisode « Non mais tu parles d’une salope », j’ai dit à mon père qu’il était pas question qu’elle obtienne ma garde. Ouais, j’me suis senti con à genre 3.7 sur l’échelle de Richter. Mais en y pensant rien qu’un peu, je crois que c’était plus par solidarité masculine si je proclamais mon père propriétaire de mon corps. Pas incestueusement parlant, bien sûr.
Quand j’ai accepté de revoir ma mère, j’ai finalement compris pourquoi elle décidait de quitter le groupe pour faire une carrière solo. À ce qu’il paraît, il n’existait qu’une seule façon pour donner une érection à mon petit papa : l’appeler Paulo au lit. Marc, c’est ça le nom de mon père… Marc. Merde. Comment on en arrive à développer une névrose du genre? Ça me dépasse. Ma mère l’aimait encore un peu je crois; mais elle en avait son quota du beau Paulo. J’en suis rapidement venu au constat que le con méritait d’être célibataire. On devrait même le castrer et en faire un chanteur d’opéra en guise de punition. Il a tenté de me donner des explications pour alléger sa culpabilité mais on était genre à des années lumières de s’entendre. Non mais quelle honte d’avoir des parents comme ça! J’ai pris la décision que c’était mieux de cesser de les voir. Ils auraient pas pu être comme ceux de Nicolas Côté, une famille de ploucs de notre quartier? D’accord, garçon Côté était pas trop brillant et il aurait pas inventé la roue même si on lui avait donné le plan – il avait depuis toujours cette habitude d’arracher ses poils pubiens, question de pas trop s’éloigner de son enfance il disait –, mais ses parents avaient compris comment la vie fonctionne. Aux élections, madame votait toujours pour le même candidat que monsieur et le samedi soir, peu importe qu’une guerre bactériologique éclate ou que les zombies prennent contrôle du pays, la case horaire de 22h15 à 22h23 était réservée au sexe. J’ai toujours rêvé d’une relation comme ça. Romantique? Pas trop. Mais aussi pratique qu’un manuel d’Ikea…
Y a de ça pas très longtemps, j’ai acheté une tonne de bières pour l’anniversaire de Samuel. C’était un ami mais pas trop. Son aura est beige. Si Samuel était de l’eau, il serait de l’eau tiède… une eau qui veut se faire oublier. Son seul intérêt réside dans le fait qu’il soit roux et qu’il est la seule personne que je connaisse plus moche que moi. On est carrément nés pour un petit pain. Ce qui a d’encore plus triste, c’est que sobre, Samuel et moi on avait jamais rien à se raconter. De toute façon, j’ai jamais rien à raconter à personne. Les gens peuvent être tellement cons. Qu’on se demande pas pourquoi je suis aussi rabat-joie : après tout, celui qui a utilisé ses spermatozoïdes pour me donner la vie aime qu’on l’appelle Paulo lorsqu’il fait de la lutte au lit.
Mais bref. Samuel, ayant décidé de boire avec une paille question de supporter le moins longtemps possible ma présence en état de sobriété, me demande ce que je pense de la sodomie. Wow! Qu’est-ce que je pense de la sodomie? C’est pas la ville biblique en Israël? Bon sang. Je connais le sujet autant que la physique quantique. Non, c’est un mensonge ça. Je sais que Max Planck est considéré comme le père de la physique quantique; mais j’ignore qui s’est approprié le titre de paternel de la sodomie. Quoique j’avoue que ça doit bien paraître sur un CV ça. Hobbys? Vélo, lecture, cinéma, papa de la sodomie…
Alors Samuel, avec un manque d’amour-propre qui m’apparaît comme inégalable dans l’histoire de l’humanité, me déclare qu’il aime bien commencer son matin en s’aventurant dans la grange arrière de son amoureuse. Sa théorie, aussi boiteuse qu’elle puisse paraître, tient bien la route si on est une merde dénudée de conscience : plutôt endormie, elle lui offre un minimum de résistance et lui peut partir au boulot avec cette sensation chrétienne d’avoir accompli une bonne action. Les gens sont d’une perversité effroyable. Pourquoi faire du bénévolat ou nettoyer des plages lorsqu’on peut transformer son matin en film pseudo érotique? Même Bleu nuit à mon époque se trimballait plus de classe que ça.
Je crois que ça l’a pas pris plus de sept secondes avant que je signe les papiers visant à déclarer que mon amitié avec Samuel appartenait au passé. J’ai même tenu à inclure une clause dans laquelle je souhaitait à sa copine de découvrir la vraie manière de se réveiller le matin : café et douche. Ouais, je suis dorénavant, du genre officieusement et contractuellement parlant, la personne la plus rejet que je connaisse. Samuel n’a été que la pointe de la perversité à laquelle je tente d’échapper. Si j’étais un film d’horreur, le sexe serait joué par genre Freddy ou Jason et moi, je serais l’héroïne à la grosse poitrine qui se cache dans le grenier. Merde. J’ai même renié mon frère depuis qu’il m’a appris qu’il aime engourdir sa main pour ensuite se tripoter le petit soldat avec – il appelle ça L’étrangère… ce qui est peut-être la version féminine d’un affreux livre que j’ai du me taper à l’école – et j’ai rompu tout contact avec mon copain Guillaume quand il m’a avoué que si sa partenaire lui demandait, il était pas contre l’idée de porter une couche pendant les préliminaires.
Je suis pas sûr d’aimer le monde dans lequel je vis. Est-ce que je suis le seul catholique de normal qui reste sur notre planète? Je commence à croire que Galilée avait pas découvert que la terre était ronde; mais qu’elle était en forme d’une grosse couille poilue qui rend ses occupants sexuellement dérangé. C’est pour ça que l’Inquisition lui a réglé son compte… il en savait trop le petit salaud. Moi, comme une gentille vierge naïve qui croit qu’un cancer de la peau peut se régler avec une lotion solaire ou qu’il suffit qu’on coupe la moustache à un pédophile pour qu’il cesse d’offrir des caramels à des gamins joufflus, j’ai longtemps cru être à l’abri du fléau des perversités. Le Jésus des bonnes mœurs sexuelles. Le Saint François d’Assise de la pureté morale.
Ouais, je croyais ça jusqu’à temps que je sois engagé comme cuisinier dans ce petit casse-croûte et que je découvre que de préparer des clubs sandwich me donnait automatiquement une érection et faisait naître en moi des propos antisémites…
Y a de ça pas trop longtemps, j’ai fait un gros doigt d’honneur à mon travail au centre d’emplois jeunesse. Le patron était, à l’échelle des anus, au niveau des saints. Sa politique était que si tu bosses pour lui et que t’es une demoiselle qui se trimballe pas d’embonpoint, tu dois porter une jupe. On est le 13 février et il fait genre moins 127 degrés? Je m’en fous. Expose tes cuisses ma jolie. Bon sang que je déteste être un homme et d’appartenir à cette sous ethnie. Des savants de la Nasa devraient abandonner l’idée de coloniser l’entièreté de la galaxie pour se pencher sur un médicament qui empêcherait certains cyanures de potassium comme mon ancien patron de s’armer à tout jamais d’une érection. De toute façon, le monde se porterait définitivement mieux si l’unique utilité d’un pénis au garde à vous était de permettre à un homme d’uriner par-dessus un mur.
J’me suis donc trouvé un travail de cuisinier dans un casse-croûte de mon quartier. L’illustre casse-croûte Chez Gaétan. Gratifiant, payant et spirituellement bonifiant? On repassera pour les lettres de noblesse et le snobisme. Mais j’avais plus à me taper du boulot d’équipe et ça, c’est une équation gagnante. Le calcul est affreusement simple : les gens sont égales à la perversité et la perversité est égale à moi qui est malheureux. Pas aussi élaboré que la topologie algébrique d’Alexander Grothendieck mais au bout du compte, ça m’offrait un travail anonyme comme je les aime et qui, avec un peu de chance, me permettrait un jour de mourir dans la plus parfaite indifférence.
Mais bon, même si le tout m’avait profondément ennuyé à l’époque que mes fesses fréquentaient les chaises d’école, j’étais maintenant d’accord avec le petit Hamlet lorsqu’il disait qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Moi, ça été d’apprendre que mon nouveau patron se nommait Paulo. Sur le coup, j’ai même failli refuser le poste. Et si mon lieu de travail était basé sur le fait que Paulo aime se faire appeler Gaétan lorsqu’il se retrouve à faire des push up à deux sur son lit? Bon sang : valait mieux pas y penser. Le truc, c’est que j’aimais tellement la perspective du manque d’éclat que pouvait m’apporter ce boulot que j’ai décidé d’attraper une cécité corticale par rapport à la question, de tout oublier et de m’appliquer à devenir le cuisinier de casse-croûte le plus inconnu de l’histoire. Et puis y a fallu que ce couple d’obèses qui débarquait de Castleton, au Vermont, commande le combo super club sandwich…
Qu’est-ce qui est inoubliable dans la vie? Les premières fois. Y a les premiers baisers, sa première gorgée de bière, la première voiture, un premier bébé… moi, ça été mon premier club sandwich au casse-croûte Chez Gaétan. Ça prend pas un doctorat en sémiologie pour y arriver. Il faut du pain, du poulet, des tomates, de la mayo, de la laitue, des cure-dents et du bacon. Certains aiment bien rajouter un zeste de Tabasco mais je suis pas de cette école. J’étais heureux de préparer ce repas pour ces Américains qui, j’en suis plus que certain, avaient du avaler des quantités incalculables de clubs sandwichs depuis leur naissance. Et c’est là qu’une érection, aussi inattendue que ferme, est apparue dans mon pantalon pour me faire un coucou.
Alarmant? La majorité des hommes diraient non. Ils en auraient pas fait un grand cas. De toute façon, les hommes ne se posent jamais de questions, trop intimes et attentifs aux demandes de leurs pénis, toujours prêts pour un ça va, ça vient… comme disait le type de ce film dans lequel les oranges étaient supposément mécaniques. Moi, j’me plais à l’idée que chacune de mes érections soient aussi uniques qu’une éclipse de lune. Lorsque j’imagine une femme, ce qui m’excite au zénith, c’est l’évolution de notre vie commune. Je la rencontre, elle me sourit, je l’invite à prendre une crème glacée à la vanille avec un enrobage au chocolat, on se tient la main, on fait du pédalo, on s’embrasse devant la porte de ses parents et après quelques mois, je lui demande de devenir ma femme. C’est à partir de ce moment – si elle dit oui, bien sûr – que j’me sens à l’aise à l’idée d’avoir une érection. Après tout, c’est mon épouse, alors ça va. Mais j’me suis pas imaginé du sexe marital devant ce club sandwich qui, je le jure, n’avait absolument rien d’une femme que je voudrais épouser.
Et puis, le même manège a recommencé le lendemain. Nouveau club sandwich, nouvelle petite colline dans mon pantalon. Dès que je terminais de préparer l’assiette pour m’attaquer à un nouveau repas, mon érection brandissait le drapeau blanc et s’offrait des vacances au pays de l’impuissance. J’me voyais mal en parler à Paulo et ce, pour plusieurs raisons. Primo : mon papa s’approprie son prénom lorsqu’il cherche du plaisir et tertio, lorsqu’on commence à raconter ses perversions aux gens, ça leur donne l’impression qu’ils peuvent en faire de même. C’est genre un billet aller-retour sur la débauche morale. J’me suis dit que la meilleure chose à faire était de mettre mes soucis au placard et de m’appliquer à augmenter le haut taux de cholestérol de nos clients. Ça devait être une mauvaise phase je suppose.
Le midi suivant, quand Paulo m’a crié « Combo super club sandwich », j’ai regardé le pain, le poulet, les tomates, la mayo, la laitue, les cure-dents et le bacon. J’ai jeté un coup d’œil au Tabasco en lui faisant comprendre que j’étais pas de cette école. J’ai réalisé que je devais me tenir devant ces aliments comme s’ils étaient un ours noir. Calme, confiant, pas de mouvements brusques… les petits salauds ne doivent pas renifler ma peur. Puis un truc est arrivé. En appliquant la mayo, j’me suis tout bonnement mis à penser que tous les Arabes sont des terroristes, que les Mexicains sont des fichus fainéants et que le Klu Klux Klan me semblait une association assez chouette à intégrer. En déposant la laitue sur le poulet, j’me suis imaginé des Nazis qui débarquaient dans le grenier de la petite Anne Frank pour lui faire un coucou. En plus de me trimballer une érection qui aurait pu à elle seule détruire le mur de Berlin, j’aurais voulu mettre toutes les minorités de la planète dans un malaxeur pour m’en faire un milk-shake. Bon sang. Y a pas à dire : quand Paulo est venu chercher le combo super club sandwich, j’étais aussi perplexe que Pluton a pu l’être lorsqu’on lui a appris qu’elle était plus assez cool pour être une planète.
Individuellement parlant, le pain, le poulet et tous leurs petits copains ne me font pas le moindre effet. Je suppose que c’est comme la bombe à neutrons : enlever lui sa quantité nécessaire de tritium et vous vous retrouvez avec un pétard mouillé. J’en étais venu au constat que si je veux combattre mon ennemi, je dois connaître mon ennemi. Si Superman peut vivre au quotidien avec la menace de la kriptonyte, je peux sans doute amadouer un fichu club sandwich, non? Dans les films, quand le héros se tape des recherches sur des microfilms dans une bibliothèque sombre et poussiéreuse, il tombe toujours sur un truc qui change complètement le cours de son existence. C’est le genre de moment qui tombe à la fin du deuxième acte en général. Si vous allez aux toilettes pendant ce moment, y a de sacrées bonnes chances que vous vous mettez à vous engueuler avec votre vessie.
Puis, y a le monde réel, les recherches rapides en mangeant un pogo qui est resté froid au milieu et les renseignements toujours fiables de Wikipédia. Paraîtrait qu'un bon soir, un gars du pays de l’oncle Sam serait rentré chez lui et comme sa petite femme s’était éclipsée, il a dû préparer son repas lui-même. Histoire terrible à la Lovecraft. Affamé et très con, le pauvre homme assembla du pain grillé avec du poulet, du lard et des tomates. Échec et math. Comme le petit père faisait partie d’un club, il en a parlé à ses amis qui étaient aussi cons que lui et le sandwich se serait propagé aussi vite que l’herpès dans une résidence universitaire. Y a même une légende urbaine, du genre Candyman, qui raconte que le club sandwich était le repas favori de l'ancien roi Edouard VIII d'Angleterre.
Lorsque j’me suis couché ce soir là, j’me suis mis en mode réflexion, avec le cerveau allant au moins à vingt-sept chevaux vapeur. J’ai réalisé qu’on ne peut pas être tous des types comme Hérode, Ramses 2 et La Fayette. Pour un gars à la mâchoire carrée qui serait prêt à parcourir la planète rien que pour sauver un chiot sidatique, y a en toujours un comme moi qui baissera les yeux lorsqu’un problème cognera à sa porte. Est-ce que mes recherches m’ont été utiles face à mes érections antisémites et mes spermatozoïdes qui chantaient en chœur des hymnes propagandistes? Est-ce que j’ai osé demander à Paulo si tous les cuisiniers qu’il avait engagés avant moi fantasmait sur l’idée d’envahir l’Europe lorsqu’ils concoctaient des clubs sandwichs? La vérité, c’est que toute ma vie, j’ai fuit. J’ai lâchement abandonné tous mes navires, laissant ainsi mes moussaillons à la dérive avec un peu de rhum. Haine facile tu as, me dirait ce nain de Yoda. Au primaire, j’ai démontré le plus méprisable des mépris envers Yannick Chouinard pour la seule et unique raison qu’il était convaincu qu’il n’y avait pas plus beau mot dans la langue française que califourchon. Mon choix était et demeurera à tout jamais jujube. En secondaire trois, j’ai tout fait pour changer d’école quand mon meilleur ami de l’époque, Olivier Maltais, m’avait raconté ce rêve dans lequel il tétait les seins d’une femme enceinte pour ainsi lui voler son lait et y tremper ses Oréos.
Quand j’étais plus jeune, mon père, alias Paulo le pervers, m’a dit de ne pas juger les autres si je voulais pas qu’on me juge. Plutôt censé venant la part d’un mécanicien je trouvais. Puis j’ai réalisé qu’il avait piqué ça dans Jésus de Nazareth et comme je déteste ceux qui citent les films, j’ai pris son conseil et je l’ai apporté dans un crématorium pour qu’il soit incinéré. Bon sang. Si seulement je pouvais mettre la main sur une Dolorean volante et remonter le temps, je demanderais à mon petit papa qu’il m’en apprenne plus sur ce type qui est né en l’an zéro, qui traînait toujours avec ses douze copains et qui semblait ne pas avoir besoin de barboteurs lorsqu’il se baignait.
Je m’appelle Thomas et j’ai vingt-neuf ans. Si on veut être archi-précis, ça me fait en tout 10 723 jours. Je dirais pas non à l’idée de rencontrer une bonne petite chrétienne. Je crois que j’en suis au moment de ma vie où je le mérite. J’aime marcher en raquettes, découper et coller dans un cahier les produits dans les catalogues que je rêverais de m’acheter, m’endormir sur mon sofa tous les mercredis soirs, manger des bonbons et commencer un roman par la dernière page. Côté carrière, j’avance un peu en reculant disons. Une stagnation professionnelle. On peut pas dire que l’ambiance à mon ancien boulot était ce qu’on peut appeler très saine. Je crois que je cherche une fille simple, souriante, gentille avec les personnes âgées. Le poids m’importe peu. Quelqu’un qui mange sainement, ça serait bien. J’essaie d’éviter la malbouffe et des trucs comme les clubs sandwichs dernièrement. Question de me garder en forme si on veut…
Quand j’ai accepté de revoir ma mère, j’ai finalement compris pourquoi elle décidait de quitter le groupe pour faire une carrière solo. À ce qu’il paraît, il n’existait qu’une seule façon pour donner une érection à mon petit papa : l’appeler Paulo au lit. Marc, c’est ça le nom de mon père… Marc. Merde. Comment on en arrive à développer une névrose du genre? Ça me dépasse. Ma mère l’aimait encore un peu je crois; mais elle en avait son quota du beau Paulo. J’en suis rapidement venu au constat que le con méritait d’être célibataire. On devrait même le castrer et en faire un chanteur d’opéra en guise de punition. Il a tenté de me donner des explications pour alléger sa culpabilité mais on était genre à des années lumières de s’entendre. Non mais quelle honte d’avoir des parents comme ça! J’ai pris la décision que c’était mieux de cesser de les voir. Ils auraient pas pu être comme ceux de Nicolas Côté, une famille de ploucs de notre quartier? D’accord, garçon Côté était pas trop brillant et il aurait pas inventé la roue même si on lui avait donné le plan – il avait depuis toujours cette habitude d’arracher ses poils pubiens, question de pas trop s’éloigner de son enfance il disait –, mais ses parents avaient compris comment la vie fonctionne. Aux élections, madame votait toujours pour le même candidat que monsieur et le samedi soir, peu importe qu’une guerre bactériologique éclate ou que les zombies prennent contrôle du pays, la case horaire de 22h15 à 22h23 était réservée au sexe. J’ai toujours rêvé d’une relation comme ça. Romantique? Pas trop. Mais aussi pratique qu’un manuel d’Ikea…
Y a de ça pas très longtemps, j’ai acheté une tonne de bières pour l’anniversaire de Samuel. C’était un ami mais pas trop. Son aura est beige. Si Samuel était de l’eau, il serait de l’eau tiède… une eau qui veut se faire oublier. Son seul intérêt réside dans le fait qu’il soit roux et qu’il est la seule personne que je connaisse plus moche que moi. On est carrément nés pour un petit pain. Ce qui a d’encore plus triste, c’est que sobre, Samuel et moi on avait jamais rien à se raconter. De toute façon, j’ai jamais rien à raconter à personne. Les gens peuvent être tellement cons. Qu’on se demande pas pourquoi je suis aussi rabat-joie : après tout, celui qui a utilisé ses spermatozoïdes pour me donner la vie aime qu’on l’appelle Paulo lorsqu’il fait de la lutte au lit.
Mais bref. Samuel, ayant décidé de boire avec une paille question de supporter le moins longtemps possible ma présence en état de sobriété, me demande ce que je pense de la sodomie. Wow! Qu’est-ce que je pense de la sodomie? C’est pas la ville biblique en Israël? Bon sang. Je connais le sujet autant que la physique quantique. Non, c’est un mensonge ça. Je sais que Max Planck est considéré comme le père de la physique quantique; mais j’ignore qui s’est approprié le titre de paternel de la sodomie. Quoique j’avoue que ça doit bien paraître sur un CV ça. Hobbys? Vélo, lecture, cinéma, papa de la sodomie…
Alors Samuel, avec un manque d’amour-propre qui m’apparaît comme inégalable dans l’histoire de l’humanité, me déclare qu’il aime bien commencer son matin en s’aventurant dans la grange arrière de son amoureuse. Sa théorie, aussi boiteuse qu’elle puisse paraître, tient bien la route si on est une merde dénudée de conscience : plutôt endormie, elle lui offre un minimum de résistance et lui peut partir au boulot avec cette sensation chrétienne d’avoir accompli une bonne action. Les gens sont d’une perversité effroyable. Pourquoi faire du bénévolat ou nettoyer des plages lorsqu’on peut transformer son matin en film pseudo érotique? Même Bleu nuit à mon époque se trimballait plus de classe que ça.
Je crois que ça l’a pas pris plus de sept secondes avant que je signe les papiers visant à déclarer que mon amitié avec Samuel appartenait au passé. J’ai même tenu à inclure une clause dans laquelle je souhaitait à sa copine de découvrir la vraie manière de se réveiller le matin : café et douche. Ouais, je suis dorénavant, du genre officieusement et contractuellement parlant, la personne la plus rejet que je connaisse. Samuel n’a été que la pointe de la perversité à laquelle je tente d’échapper. Si j’étais un film d’horreur, le sexe serait joué par genre Freddy ou Jason et moi, je serais l’héroïne à la grosse poitrine qui se cache dans le grenier. Merde. J’ai même renié mon frère depuis qu’il m’a appris qu’il aime engourdir sa main pour ensuite se tripoter le petit soldat avec – il appelle ça L’étrangère… ce qui est peut-être la version féminine d’un affreux livre que j’ai du me taper à l’école – et j’ai rompu tout contact avec mon copain Guillaume quand il m’a avoué que si sa partenaire lui demandait, il était pas contre l’idée de porter une couche pendant les préliminaires.
Je suis pas sûr d’aimer le monde dans lequel je vis. Est-ce que je suis le seul catholique de normal qui reste sur notre planète? Je commence à croire que Galilée avait pas découvert que la terre était ronde; mais qu’elle était en forme d’une grosse couille poilue qui rend ses occupants sexuellement dérangé. C’est pour ça que l’Inquisition lui a réglé son compte… il en savait trop le petit salaud. Moi, comme une gentille vierge naïve qui croit qu’un cancer de la peau peut se régler avec une lotion solaire ou qu’il suffit qu’on coupe la moustache à un pédophile pour qu’il cesse d’offrir des caramels à des gamins joufflus, j’ai longtemps cru être à l’abri du fléau des perversités. Le Jésus des bonnes mœurs sexuelles. Le Saint François d’Assise de la pureté morale.
Ouais, je croyais ça jusqu’à temps que je sois engagé comme cuisinier dans ce petit casse-croûte et que je découvre que de préparer des clubs sandwich me donnait automatiquement une érection et faisait naître en moi des propos antisémites…
Y a de ça pas trop longtemps, j’ai fait un gros doigt d’honneur à mon travail au centre d’emplois jeunesse. Le patron était, à l’échelle des anus, au niveau des saints. Sa politique était que si tu bosses pour lui et que t’es une demoiselle qui se trimballe pas d’embonpoint, tu dois porter une jupe. On est le 13 février et il fait genre moins 127 degrés? Je m’en fous. Expose tes cuisses ma jolie. Bon sang que je déteste être un homme et d’appartenir à cette sous ethnie. Des savants de la Nasa devraient abandonner l’idée de coloniser l’entièreté de la galaxie pour se pencher sur un médicament qui empêcherait certains cyanures de potassium comme mon ancien patron de s’armer à tout jamais d’une érection. De toute façon, le monde se porterait définitivement mieux si l’unique utilité d’un pénis au garde à vous était de permettre à un homme d’uriner par-dessus un mur.
J’me suis donc trouvé un travail de cuisinier dans un casse-croûte de mon quartier. L’illustre casse-croûte Chez Gaétan. Gratifiant, payant et spirituellement bonifiant? On repassera pour les lettres de noblesse et le snobisme. Mais j’avais plus à me taper du boulot d’équipe et ça, c’est une équation gagnante. Le calcul est affreusement simple : les gens sont égales à la perversité et la perversité est égale à moi qui est malheureux. Pas aussi élaboré que la topologie algébrique d’Alexander Grothendieck mais au bout du compte, ça m’offrait un travail anonyme comme je les aime et qui, avec un peu de chance, me permettrait un jour de mourir dans la plus parfaite indifférence.
Mais bon, même si le tout m’avait profondément ennuyé à l’époque que mes fesses fréquentaient les chaises d’école, j’étais maintenant d’accord avec le petit Hamlet lorsqu’il disait qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Moi, ça été d’apprendre que mon nouveau patron se nommait Paulo. Sur le coup, j’ai même failli refuser le poste. Et si mon lieu de travail était basé sur le fait que Paulo aime se faire appeler Gaétan lorsqu’il se retrouve à faire des push up à deux sur son lit? Bon sang : valait mieux pas y penser. Le truc, c’est que j’aimais tellement la perspective du manque d’éclat que pouvait m’apporter ce boulot que j’ai décidé d’attraper une cécité corticale par rapport à la question, de tout oublier et de m’appliquer à devenir le cuisinier de casse-croûte le plus inconnu de l’histoire. Et puis y a fallu que ce couple d’obèses qui débarquait de Castleton, au Vermont, commande le combo super club sandwich…
Qu’est-ce qui est inoubliable dans la vie? Les premières fois. Y a les premiers baisers, sa première gorgée de bière, la première voiture, un premier bébé… moi, ça été mon premier club sandwich au casse-croûte Chez Gaétan. Ça prend pas un doctorat en sémiologie pour y arriver. Il faut du pain, du poulet, des tomates, de la mayo, de la laitue, des cure-dents et du bacon. Certains aiment bien rajouter un zeste de Tabasco mais je suis pas de cette école. J’étais heureux de préparer ce repas pour ces Américains qui, j’en suis plus que certain, avaient du avaler des quantités incalculables de clubs sandwichs depuis leur naissance. Et c’est là qu’une érection, aussi inattendue que ferme, est apparue dans mon pantalon pour me faire un coucou.
Alarmant? La majorité des hommes diraient non. Ils en auraient pas fait un grand cas. De toute façon, les hommes ne se posent jamais de questions, trop intimes et attentifs aux demandes de leurs pénis, toujours prêts pour un ça va, ça vient… comme disait le type de ce film dans lequel les oranges étaient supposément mécaniques. Moi, j’me plais à l’idée que chacune de mes érections soient aussi uniques qu’une éclipse de lune. Lorsque j’imagine une femme, ce qui m’excite au zénith, c’est l’évolution de notre vie commune. Je la rencontre, elle me sourit, je l’invite à prendre une crème glacée à la vanille avec un enrobage au chocolat, on se tient la main, on fait du pédalo, on s’embrasse devant la porte de ses parents et après quelques mois, je lui demande de devenir ma femme. C’est à partir de ce moment – si elle dit oui, bien sûr – que j’me sens à l’aise à l’idée d’avoir une érection. Après tout, c’est mon épouse, alors ça va. Mais j’me suis pas imaginé du sexe marital devant ce club sandwich qui, je le jure, n’avait absolument rien d’une femme que je voudrais épouser.
Et puis, le même manège a recommencé le lendemain. Nouveau club sandwich, nouvelle petite colline dans mon pantalon. Dès que je terminais de préparer l’assiette pour m’attaquer à un nouveau repas, mon érection brandissait le drapeau blanc et s’offrait des vacances au pays de l’impuissance. J’me voyais mal en parler à Paulo et ce, pour plusieurs raisons. Primo : mon papa s’approprie son prénom lorsqu’il cherche du plaisir et tertio, lorsqu’on commence à raconter ses perversions aux gens, ça leur donne l’impression qu’ils peuvent en faire de même. C’est genre un billet aller-retour sur la débauche morale. J’me suis dit que la meilleure chose à faire était de mettre mes soucis au placard et de m’appliquer à augmenter le haut taux de cholestérol de nos clients. Ça devait être une mauvaise phase je suppose.
Le midi suivant, quand Paulo m’a crié « Combo super club sandwich », j’ai regardé le pain, le poulet, les tomates, la mayo, la laitue, les cure-dents et le bacon. J’ai jeté un coup d’œil au Tabasco en lui faisant comprendre que j’étais pas de cette école. J’ai réalisé que je devais me tenir devant ces aliments comme s’ils étaient un ours noir. Calme, confiant, pas de mouvements brusques… les petits salauds ne doivent pas renifler ma peur. Puis un truc est arrivé. En appliquant la mayo, j’me suis tout bonnement mis à penser que tous les Arabes sont des terroristes, que les Mexicains sont des fichus fainéants et que le Klu Klux Klan me semblait une association assez chouette à intégrer. En déposant la laitue sur le poulet, j’me suis imaginé des Nazis qui débarquaient dans le grenier de la petite Anne Frank pour lui faire un coucou. En plus de me trimballer une érection qui aurait pu à elle seule détruire le mur de Berlin, j’aurais voulu mettre toutes les minorités de la planète dans un malaxeur pour m’en faire un milk-shake. Bon sang. Y a pas à dire : quand Paulo est venu chercher le combo super club sandwich, j’étais aussi perplexe que Pluton a pu l’être lorsqu’on lui a appris qu’elle était plus assez cool pour être une planète.
Individuellement parlant, le pain, le poulet et tous leurs petits copains ne me font pas le moindre effet. Je suppose que c’est comme la bombe à neutrons : enlever lui sa quantité nécessaire de tritium et vous vous retrouvez avec un pétard mouillé. J’en étais venu au constat que si je veux combattre mon ennemi, je dois connaître mon ennemi. Si Superman peut vivre au quotidien avec la menace de la kriptonyte, je peux sans doute amadouer un fichu club sandwich, non? Dans les films, quand le héros se tape des recherches sur des microfilms dans une bibliothèque sombre et poussiéreuse, il tombe toujours sur un truc qui change complètement le cours de son existence. C’est le genre de moment qui tombe à la fin du deuxième acte en général. Si vous allez aux toilettes pendant ce moment, y a de sacrées bonnes chances que vous vous mettez à vous engueuler avec votre vessie.
Puis, y a le monde réel, les recherches rapides en mangeant un pogo qui est resté froid au milieu et les renseignements toujours fiables de Wikipédia. Paraîtrait qu'un bon soir, un gars du pays de l’oncle Sam serait rentré chez lui et comme sa petite femme s’était éclipsée, il a dû préparer son repas lui-même. Histoire terrible à la Lovecraft. Affamé et très con, le pauvre homme assembla du pain grillé avec du poulet, du lard et des tomates. Échec et math. Comme le petit père faisait partie d’un club, il en a parlé à ses amis qui étaient aussi cons que lui et le sandwich se serait propagé aussi vite que l’herpès dans une résidence universitaire. Y a même une légende urbaine, du genre Candyman, qui raconte que le club sandwich était le repas favori de l'ancien roi Edouard VIII d'Angleterre.
Lorsque j’me suis couché ce soir là, j’me suis mis en mode réflexion, avec le cerveau allant au moins à vingt-sept chevaux vapeur. J’ai réalisé qu’on ne peut pas être tous des types comme Hérode, Ramses 2 et La Fayette. Pour un gars à la mâchoire carrée qui serait prêt à parcourir la planète rien que pour sauver un chiot sidatique, y a en toujours un comme moi qui baissera les yeux lorsqu’un problème cognera à sa porte. Est-ce que mes recherches m’ont été utiles face à mes érections antisémites et mes spermatozoïdes qui chantaient en chœur des hymnes propagandistes? Est-ce que j’ai osé demander à Paulo si tous les cuisiniers qu’il avait engagés avant moi fantasmait sur l’idée d’envahir l’Europe lorsqu’ils concoctaient des clubs sandwichs? La vérité, c’est que toute ma vie, j’ai fuit. J’ai lâchement abandonné tous mes navires, laissant ainsi mes moussaillons à la dérive avec un peu de rhum. Haine facile tu as, me dirait ce nain de Yoda. Au primaire, j’ai démontré le plus méprisable des mépris envers Yannick Chouinard pour la seule et unique raison qu’il était convaincu qu’il n’y avait pas plus beau mot dans la langue française que califourchon. Mon choix était et demeurera à tout jamais jujube. En secondaire trois, j’ai tout fait pour changer d’école quand mon meilleur ami de l’époque, Olivier Maltais, m’avait raconté ce rêve dans lequel il tétait les seins d’une femme enceinte pour ainsi lui voler son lait et y tremper ses Oréos.
Quand j’étais plus jeune, mon père, alias Paulo le pervers, m’a dit de ne pas juger les autres si je voulais pas qu’on me juge. Plutôt censé venant la part d’un mécanicien je trouvais. Puis j’ai réalisé qu’il avait piqué ça dans Jésus de Nazareth et comme je déteste ceux qui citent les films, j’ai pris son conseil et je l’ai apporté dans un crématorium pour qu’il soit incinéré. Bon sang. Si seulement je pouvais mettre la main sur une Dolorean volante et remonter le temps, je demanderais à mon petit papa qu’il m’en apprenne plus sur ce type qui est né en l’an zéro, qui traînait toujours avec ses douze copains et qui semblait ne pas avoir besoin de barboteurs lorsqu’il se baignait.
Je m’appelle Thomas et j’ai vingt-neuf ans. Si on veut être archi-précis, ça me fait en tout 10 723 jours. Je dirais pas non à l’idée de rencontrer une bonne petite chrétienne. Je crois que j’en suis au moment de ma vie où je le mérite. J’aime marcher en raquettes, découper et coller dans un cahier les produits dans les catalogues que je rêverais de m’acheter, m’endormir sur mon sofa tous les mercredis soirs, manger des bonbons et commencer un roman par la dernière page. Côté carrière, j’avance un peu en reculant disons. Une stagnation professionnelle. On peut pas dire que l’ambiance à mon ancien boulot était ce qu’on peut appeler très saine. Je crois que je cherche une fille simple, souriante, gentille avec les personnes âgées. Le poids m’importe peu. Quelqu’un qui mange sainement, ça serait bien. J’essaie d’éviter la malbouffe et des trucs comme les clubs sandwichs dernièrement. Question de me garder en forme si on veut…

Moi mon mot préféré c'est pamplemousse ;D
RépondreSupprimerC't'un de tes bons textes ça Mr Love.
RépondreSupprimerPis pour le mot j'ai toujours été un fan de cornemuse. Bien avant l'émission jeunesse évidemment.
Franchement, je trouve que débarbouillette sonne plutôt bien...
RépondreSupprimerVous avez de bons choix, je l'accorde ; mais mon amour de jujube est fort. La plus belle combinaison possible, je crois, est "Jujube joufflu"...
RépondreSupprimerTe lire est un réel plaisir...
RépondreSupprimerLa personnalité qui s'en dégage donne envie d'être mieux connue et rencontrée.
A bientôt, j'espère !
Merci BabaYaga... c'est réellement gentil de ta part!
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