jeudi 7 avril 2011

Kim et la masculinité disparue

Plus que tout, y a deux choses qui fracassent royalement le moral de petit Kim : se trimballer un prénom de bonne femme et Guillaume alias le playboy, son coloc. Ouais, y a disons 9713 choses qui tournent pas dans l’orbite terrestre dernièrement : ses doigts ont pas effleuré une princesse depuis l’invention du téléphone, son envie de se dénicher une carrière est plongée dans un coma très comateux et il se doute qu’il ait vraiment envie de toucher une puce. Et puis, avec petit Kim comme prénom, il faut se charrier une satanée assurance sexuelle pour dépoussiérer les toiles d’araignées qui ornent ses testicules.


Guillaume alias le playboy est un trou-de-cul quand on y pense un peu. La seule raison pour laquelle il partage son appart avec petit Kim, c’est pour la hiérarchie de l’image. D’un côté du ring, on retrouve un colonel décoré qui saute régulièrement des bonnes femmes et qui se trimballe une opinion sur un peu tout. Son adversaire, lui, s’est vu attribué à la naissance un charisme aussi impressionnant qu’une éponge qu’on a utilisée pour faire briller une toilette chimique.



En ce moment plutôt précis, petit Kim est en pyjama Bob l’éponge, dans un bain crasseusement vide, à lire des magazines pour adolescentes boutonneuses et connes. C’est son endroit de choix quand Guillaume alias le playboy organise des soirées chaudement sexe dans lesquelles son arriéré de coloc est pas invité. Quand on y pense, y a pas de raison de se mêler à eux ; mais y a pas de moyens de s’en débarrasser non plus. Petit Kim sait, par expérience de looser certifié, que les amis de Guillaume alias le playboy auront souillé son lit avec leurs saloperies sexuelles d’ici la fin de la soirée. Il distribuerait bien une razzia de coups de pieds aux culs, ouais, mais son ossature a pas jugé bon de suivre l’évolution des années.



Alors il est là, dans le bain, à lire toutes ces conneries pas possibles qui squattent l’endroit. Guillaume alias le playboy se charrie même une théorie sur le sujet : selon lui, y a pas d’endroit plus stratégique pour la lecture. Sa pensée darwinienne se veut que l’homme est plus apte à apprendre après une bonne décharge. Quel triso! Petit Kim le méprise à un point historique ce trou-de-cul. Mais laissons tomber la flafla et disons le franchement : il méprise un peu toute l’humanité.



Bon Dieu qu’il en a vu des situations tordues de sa position fœtale dans le bain. Il repense à cette fille triplement moche qui tentait de se faire vomir mais qui s’est coupé un doigt avec une dent ; ce con qui se mettait de la pâte à dents sur les pectoraux pour les faire reluire ; un alcoolo en voie de devenir l’ivrogne du quartier qui demandait à une fille d’y aller mollo car il était puceau et revenir plus tard avec une autre chérie pour lui sortir les mêmes conneries. Honnêtement, petit Kim a failli décorer son pyjama favori d’urine quand la puce lui a balancé que c’était normal que la première fois soit aussi nulle qu’une ballade à travers le Canada.



Alors que petit Kim feuillette un article passionnant sur l’énigmatique écoulement vaginal chez les femmes ménopausées, une princesse pas croyable du nom d’Ariane rentre façon ballerine dans la salle de bain et s’assoit à la toilette. Elle se veut désirable sur toute la ligne la chérie. Mais ça, pas question que petit Kim le vérifie ; un type qui aborde une inconnue alors qu’il est en pyjama Bob l’éponge dans son bain donne rarement une première impression qui réchauffe le cœur d’amour.



- C’est toi, petit Kim?



Ça, il peut juste pas le croire. Mais qu’est-ce qui peut bien se passer à cette imbécile de fête chaudement sexe? Ils s’ennuient dans leur débauche au point d’envoyer la plus chouette des puces chouettes pour lui briser le cœur? Pas question qu’elle lui fracasse le moral celle-là. Cette garce, il va l’envoyer ch …



- Peut-être, ouais.



Le courage est pas vraiment la qualité première de petit Kim.



- Si c’était pas toi dans le bain, ça fait longtemps que j’y serais.



Ça veut dire quoi au juste? Qu’elle comprend le malfonctionnement du cerveau de petit Kim ou qu’elle pue? Rendu à ce point, il a plus trop de choix de réponses devant lui. Alors il tire le rideau et s’expose à sa protagoniste comme il est : un arriéré doré dans un pyjama de Bob l’éponge dans un bain sec à lire sur les bonnes femmes ménopausées. Il la trouve superbe. Trop pour la catégorie dans laquelle il se fait mettre constamment knock-out.



- Ça te dérange pas de me faire une petite place? Je vais me faire petite, petite, petite …



Petit Kim éprouve ardemment ce désir étrange qu’est de partager un bain vide avec une inconnue entreprenante. Grâce à son éducation catholique, il croyait pas trop que les filles pouvaient se payer le luxe des premiers pas. Mais il se rappelle illico une autre chose : il se prénomme petit Kim, un pyjama de Bob l’éponge orne son manque de musculature et des informations cruciales sur les pertes vaginales chez les princesses ménopausées hantent ses mains.



Mais malgré tout ce manque de royauté et de prestige, Ariane la jolie s’assoit à ses côtés et entreprend un blabla pas trop intéressant. Faut un début à tout qu’il se dit. Et c’est une fille. Alors mettons une pause aux principes du christianisme.



Puis pour contredire toute logique qui régit notre bas monde, la puce l’embrasse. Et pas rien qu’un peu. Langue, salive et bactéries. Petit Kim se dit que la dernière fois que sa bouche avait triomphalement accueilli une langue étrangère, c’était… mais c’était quand exactement?



Ariane la jolie le touche. De haut en très, très bas. Petit Kim réalise avec une fierté de confédéré que tout est à la bonne place et que l’artillerie, aussi rouillée qu’elle puisse l’être, fonctionne toujours. Sortez les cornemuses militaires. Mais Ariane la jolie met un arrêt de bus à son tripotage, lui montre toute la blancheur de ses dents et quitte le paquebot en ramant de toutes ses forces.



- Il bande! Il bande! Y’est pas aussi weird que tu le disais ton coloc!



Petit Kim resta dans la salle de bain avec le sentiment moyennement agréable d’avoir été utilisé. Mais au moins, le machin truc qui décore timidement son entrejambe fonctionne toujours. La consolation du prix du meilleur esprit sportif on dira.

Laurence pas trop belle

C’est l’histoire de la femme la plus perverse au monde et du pire des imbéciles jamais connu.

Alors, lumières, caméra, action.


Tous les gars de mon quartier avaient bizarrement dit adieu à leur pucelage avec la même fille… Laurence pas trop belle, une petite puce qui se trimballe aucun amour-propre à ce qui parait. Mais pas moi. Elle m’avait pas offert ce privilège. Même le petit rouquin anorexique qui dit des p au lieu des b avait expédié la dame au septième ciel de l’Iowa. Ça devenait embarrassant. Il fallait réagir. Dans le très maintenant.


Je suis donc allé faire un tour chez une sorte d’ami que j’avais, question de préparer le terrain. Bien entendu, il la connaissait en parfaite profondeur.


- Wow! T’as pas perdu ton pucelage? Ok … j’te dirais qu’avant de t’embarquer là-dedans, tu dois savoir quelques règles.


- Ah ouais? que je fais. Comme… ?


Si j’avais un calepin, je prendrais des notes. Mémo à moi-même : me procurer un calepin.


- C’est des règles immanquables. Quand elle est sur le point de devenir folle d’excitation et que tu sens que tu contrôles à fond la situation, tu dois crier de toutes tes forces AUX AGGUETS!!!


- AUX AGGUETS?


- Ouais. Et petit truc comme ça : prépare toi une bonne doses de saloperies.


Quelques jours plus tard, je tombe sur ma princesse qui dégage en permanence cette odeur de sexe et bonbon au Corona, un petit bar de quartier fréquenté en majorité par des gens qui sont devenus des hommes grâce à elle. Alors je lui paye un verre et je multiplie ce nombre jusqu’à temps que mon portefeuille me supplie de le réanimer. Bon sang. Je vois plus très bien. Je la trouve presque un peu jolie ma Laurence pas trop belle. Disant adieu à mes inhibitions et réalisant que mon amour-propre a pris le bus sans moi vers une destination inconnue, je lui propose de faire connaissance avec la toilette des hommes. Elle me dit qu’elle les connaît très bien. En revanche, celle des femmes lui sont plutôt inconnues.


- Allez hop, cow-boy! qu’elle me dit.


Alors sans rentrer trop dans les détails, je lui lance sur place un truc un peu dégoûtant.


- Oh oui!!!


La confiance gagnant, je grimpe d’une coche dans la vulgarité. Y’a pas de quoi rendre sa mère fière.


- Oh oui!!!


Et c’est là que j’me rends compte que ma banque de donnés est épuisée. À sec.


- T’arrête pas. Mais qu’est-ce qui se passe?


Il se passe que mon puit d’insultes a un fond. Je suis catholique moi tu sauras. L’heure est plutôt grave. Je lui grogne d’une voix des cavernes des consonnes à l’oreille, mais on voit bien que c’est pas suffisant. Heureusement, on m’a appris à réagir avec calme et subtilité lors des moments intenses durant ma jeunesse. Malheureusement, on me l’a juste mal enseigné.


- Tu sais, l’orgasme d’un cochon dure 30 minutes.


Début de refroidissement.


- C’est chouette, tu trouves pas?


L’ère glaciale est annoncée. Il faut parer, réagir, contre-attaquer.


- Quand même, quand on y pense, ils ont la belle vie les lions. S’accoupler 50 fois par jour. Wow!


Congélation totale. Même cet arriéré de Walt Disney l’est pas autant.


- Tu sais que le sexe est le meilleur moyen pour perdre des calories? Mais tu peux aussi en dépenser 150 en te frappant la tête contre un mur pendant une heure. Ça peut te paraître cinglé, mais y a une fille, dont je me rappelle plus très bien le nom, qui a essayé…


Je m’écoute plus parler. Mes lèvres bougent, mais le volume est sous zéro. Y a cette légende urbaine sur ma famille : elle raconte notre extraordinaire capacité à s’enfoncer plus profondément que le commun des mortels. Alors qu’elle me regarde comme un déficient profond (à vrai dire, elle me regarde comme si je lui avais parlé de l’orgasme du cochon et de l’accouplement des lions), j’me rends compte qu’il me reste quand même un truc à faire avant de baisser définitivement le drapeau. Et c’est …


- AUX AGGUETS !!!


C’était l’histoire de la femme la plus perverse au monde et du pire des imbéciles jamais connu.

jeudi 27 mai 2010

Mayonnaise raciste et laitue antisémite

Y a de ça pas très longtemps, on m'a demandé d'écrire une nouvelle pour une soirée littéraire. J'ai accepté mais ma motivation était à zéro. J'ai donc pondu le texte le plus arriéré de la planète... vous savez, celui qui donne raison à vos parents de vous avoir abandonné. Le hic, c'est que j'ai commencé à aimer cette histoire à la con et je ne pouvais plus m'arrêter. Résultat des courses? Le texte fut jugé trop osé et provocant pour le public qui assisterait à la soirée. Bon sang! Pourquoi? Les gens ont besoin de savoir qu'il est tout à fait normal d'avoir des érections lorsqu'on prépare un club sandwich. C'est naturel! Il faut mettre fin à cette censure et à notre racisme des clubs sandwichs. Martin Luther King avait sa cause, Gandhi aussi... maintenant, j'ai la mienne mes amis.
***
Quand mon père m’a appris que ma mère l’avait quitté, je l’ai traité de salope. Mon père a sourit. Je suppose que c’était un de ces moments de complicité comme on en voit au cinéma. Genre, belle chanson, gants de baseball, jus de pomme. Je m’en suis voulu de l’avoir traitée de salope. Elle a quand même été assez cool pour m’avoir porté pendant neuf mois. Je préférais plutôt la voir comme l’affreuse sorcière dans « La magicien d’Oz ». Bon, c’est déshabiller Pierre pour rhabiller Paul quand on y pense; mais ça reste tout de même plus poli. Quand vos parents se séparent, on se sent comme des globules blancs devant un cancer généralisé. On se bat mais c’est pour la forme. Moi, j’avais peur de devenir l’enfant de personne. Un enfant de vingt-trois ans qui craint le rejet plus qu’une MTS, faut le faire. Alors, après que mon père m’ait appris que ma mère l’avait quitté et après l’épisode « Non mais tu parles d’une salope », j’ai dit à mon père qu’il était pas question qu’elle obtienne ma garde. Ouais, j’me suis senti con à genre 3.7 sur l’échelle de Richter. Mais en y pensant rien qu’un peu, je crois que c’était plus par solidarité masculine si je proclamais mon père propriétaire de mon corps. Pas incestueusement parlant, bien sûr.

Quand j’ai accepté de revoir ma mère, j’ai finalement compris pourquoi elle décidait de quitter le groupe pour faire une carrière solo. À ce qu’il paraît, il n’existait qu’une seule façon pour donner une érection à mon petit papa : l’appeler Paulo au lit. Marc, c’est ça le nom de mon père… Marc. Merde. Comment on en arrive à développer une névrose du genre? Ça me dépasse. Ma mère l’aimait encore un peu je crois; mais elle en avait son quota du beau Paulo. J’en suis rapidement venu au constat que le con méritait d’être célibataire. On devrait même le castrer et en faire un chanteur d’opéra en guise de punition. Il a tenté de me donner des explications pour alléger sa culpabilité mais on était genre à des années lumières de s’entendre. Non mais quelle honte d’avoir des parents comme ça! J’ai pris la décision que c’était mieux de cesser de les voir. Ils auraient pas pu être comme ceux de Nicolas Côté, une famille de ploucs de notre quartier? D’accord, garçon Côté était pas trop brillant et il aurait pas inventé la roue même si on lui avait donné le plan – il avait depuis toujours cette habitude d’arracher ses poils pubiens, question de pas trop s’éloigner de son enfance il disait –, mais ses parents avaient compris comment la vie fonctionne. Aux élections, madame votait toujours pour le même candidat que monsieur et le samedi soir, peu importe qu’une guerre bactériologique éclate ou que les zombies prennent contrôle du pays, la case horaire de 22h15 à 22h23 était réservée au sexe. J’ai toujours rêvé d’une relation comme ça. Romantique? Pas trop. Mais aussi pratique qu’un manuel d’Ikea…

Y a de ça pas très longtemps, j’ai acheté une tonne de bières pour l’anniversaire de Samuel. C’était un ami mais pas trop. Son aura est beige. Si Samuel était de l’eau, il serait de l’eau tiède… une eau qui veut se faire oublier. Son seul intérêt réside dans le fait qu’il soit roux et qu’il est la seule personne que je connaisse plus moche que moi. On est carrément nés pour un petit pain. Ce qui a d’encore plus triste, c’est que sobre, Samuel et moi on avait jamais rien à se raconter. De toute façon, j’ai jamais rien à raconter à personne. Les gens peuvent être tellement cons. Qu’on se demande pas pourquoi je suis aussi rabat-joie : après tout, celui qui a utilisé ses spermatozoïdes pour me donner la vie aime qu’on l’appelle Paulo lorsqu’il fait de la lutte au lit.

Mais bref. Samuel, ayant décidé de boire avec une paille question de supporter le moins longtemps possible ma présence en état de sobriété, me demande ce que je pense de la sodomie. Wow! Qu’est-ce que je pense de la sodomie? C’est pas la ville biblique en Israël? Bon sang. Je connais le sujet autant que la physique quantique. Non, c’est un mensonge ça. Je sais que Max Planck est considéré comme le père de la physique quantique; mais j’ignore qui s’est approprié le titre de paternel de la sodomie. Quoique j’avoue que ça doit bien paraître sur un CV ça. Hobbys? Vélo, lecture, cinéma, papa de la sodomie…

Alors Samuel, avec un manque d’amour-propre qui m’apparaît comme inégalable dans l’histoire de l’humanité, me déclare qu’il aime bien commencer son matin en s’aventurant dans la grange arrière de son amoureuse. Sa théorie, aussi boiteuse qu’elle puisse paraître, tient bien la route si on est une merde dénudée de conscience : plutôt endormie, elle lui offre un minimum de résistance et lui peut partir au boulot avec cette sensation chrétienne d’avoir accompli une bonne action. Les gens sont d’une perversité effroyable. Pourquoi faire du bénévolat ou nettoyer des plages lorsqu’on peut transformer son matin en film pseudo érotique? Même Bleu nuit à mon époque se trimballait plus de classe que ça.

Je crois que ça l’a pas pris plus de sept secondes avant que je signe les papiers visant à déclarer que mon amitié avec Samuel appartenait au passé. J’ai même tenu à inclure une clause dans laquelle je souhaitait à sa copine de découvrir la vraie manière de se réveiller le matin : café et douche. Ouais, je suis dorénavant, du genre officieusement et contractuellement parlant, la personne la plus rejet que je connaisse. Samuel n’a été que la pointe de la perversité à laquelle je tente d’échapper. Si j’étais un film d’horreur, le sexe serait joué par genre Freddy ou Jason et moi, je serais l’héroïne à la grosse poitrine qui se cache dans le grenier. Merde. J’ai même renié mon frère depuis qu’il m’a appris qu’il aime engourdir sa main pour ensuite se tripoter le petit soldat avec – il appelle ça L’étrangère… ce qui est peut-être la version féminine d’un affreux livre que j’ai du me taper à l’école – et j’ai rompu tout contact avec mon copain Guillaume quand il m’a avoué que si sa partenaire lui demandait, il était pas contre l’idée de porter une couche pendant les préliminaires.

Je suis pas sûr d’aimer le monde dans lequel je vis. Est-ce que je suis le seul catholique de normal qui reste sur notre planète? Je commence à croire que Galilée avait pas découvert que la terre était ronde; mais qu’elle était en forme d’une grosse couille poilue qui rend ses occupants sexuellement dérangé. C’est pour ça que l’Inquisition lui a réglé son compte… il en savait trop le petit salaud. Moi, comme une gentille vierge naïve qui croit qu’un cancer de la peau peut se régler avec une lotion solaire ou qu’il suffit qu’on coupe la moustache à un pédophile pour qu’il cesse d’offrir des caramels à des gamins joufflus, j’ai longtemps cru être à l’abri du fléau des perversités. Le Jésus des bonnes mœurs sexuelles. Le Saint François d’Assise de la pureté morale.

Ouais, je croyais ça jusqu’à temps que je sois engagé comme cuisinier dans ce petit casse-croûte et que je découvre que de préparer des clubs sandwich me donnait automatiquement une érection et faisait naître en moi des propos antisémites…

Y a de ça pas trop longtemps, j’ai fait un gros doigt d’honneur à mon travail au centre d’emplois jeunesse. Le patron était, à l’échelle des anus, au niveau des saints. Sa politique était que si tu bosses pour lui et que t’es une demoiselle qui se trimballe pas d’embonpoint, tu dois porter une jupe. On est le 13 février et il fait genre moins 127 degrés? Je m’en fous. Expose tes cuisses ma jolie. Bon sang que je déteste être un homme et d’appartenir à cette sous ethnie. Des savants de la Nasa devraient abandonner l’idée de coloniser l’entièreté de la galaxie pour se pencher sur un médicament qui empêcherait certains cyanures de potassium comme mon ancien patron de s’armer à tout jamais d’une érection. De toute façon, le monde se porterait définitivement mieux si l’unique utilité d’un pénis au garde à vous était de permettre à un homme d’uriner par-dessus un mur.

J’me suis donc trouvé un travail de cuisinier dans un casse-croûte de mon quartier. L’illustre casse-croûte Chez Gaétan. Gratifiant, payant et spirituellement bonifiant? On repassera pour les lettres de noblesse et le snobisme. Mais j’avais plus à me taper du boulot d’équipe et ça, c’est une équation gagnante. Le calcul est affreusement simple : les gens sont égales à la perversité et la perversité est égale à moi qui est malheureux. Pas aussi élaboré que la topologie algébrique d’Alexander Grothendieck mais au bout du compte, ça m’offrait un travail anonyme comme je les aime et qui, avec un peu de chance, me permettrait un jour de mourir dans la plus parfaite indifférence.

Mais bon, même si le tout m’avait profondément ennuyé à l’époque que mes fesses fréquentaient les chaises d’école, j’étais maintenant d’accord avec le petit Hamlet lorsqu’il disait qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Moi, ça été d’apprendre que mon nouveau patron se nommait Paulo. Sur le coup, j’ai même failli refuser le poste. Et si mon lieu de travail était basé sur le fait que Paulo aime se faire appeler Gaétan lorsqu’il se retrouve à faire des push up à deux sur son lit? Bon sang : valait mieux pas y penser. Le truc, c’est que j’aimais tellement la perspective du manque d’éclat que pouvait m’apporter ce boulot que j’ai décidé d’attraper une cécité corticale par rapport à la question, de tout oublier et de m’appliquer à devenir le cuisinier de casse-croûte le plus inconnu de l’histoire. Et puis y a fallu que ce couple d’obèses qui débarquait de Castleton, au Vermont, commande le combo super club sandwich…

Qu’est-ce qui est inoubliable dans la vie? Les premières fois. Y a les premiers baisers, sa première gorgée de bière, la première voiture, un premier bébé… moi, ça été mon premier club sandwich au casse-croûte Chez Gaétan. Ça prend pas un doctorat en sémiologie pour y arriver. Il faut du pain, du poulet, des tomates, de la mayo, de la laitue, des cure-dents et du bacon. Certains aiment bien rajouter un zeste de Tabasco mais je suis pas de cette école. J’étais heureux de préparer ce repas pour ces Américains qui, j’en suis plus que certain, avaient du avaler des quantités incalculables de clubs sandwichs depuis leur naissance. Et c’est là qu’une érection, aussi inattendue que ferme, est apparue dans mon pantalon pour me faire un coucou.

Alarmant? La majorité des hommes diraient non. Ils en auraient pas fait un grand cas. De toute façon, les hommes ne se posent jamais de questions, trop intimes et attentifs aux demandes de leurs pénis, toujours prêts pour un ça va, ça vient… comme disait le type de ce film dans lequel les oranges étaient supposément mécaniques. Moi, j’me plais à l’idée que chacune de mes érections soient aussi uniques qu’une éclipse de lune. Lorsque j’imagine une femme, ce qui m’excite au zénith, c’est l’évolution de notre vie commune. Je la rencontre, elle me sourit, je l’invite à prendre une crème glacée à la vanille avec un enrobage au chocolat, on se tient la main, on fait du pédalo, on s’embrasse devant la porte de ses parents et après quelques mois, je lui demande de devenir ma femme. C’est à partir de ce moment – si elle dit oui, bien sûr – que j’me sens à l’aise à l’idée d’avoir une érection. Après tout, c’est mon épouse, alors ça va. Mais j’me suis pas imaginé du sexe marital devant ce club sandwich qui, je le jure, n’avait absolument rien d’une femme que je voudrais épouser.

Et puis, le même manège a recommencé le lendemain. Nouveau club sandwich, nouvelle petite colline dans mon pantalon. Dès que je terminais de préparer l’assiette pour m’attaquer à un nouveau repas, mon érection brandissait le drapeau blanc et s’offrait des vacances au pays de l’impuissance. J’me voyais mal en parler à Paulo et ce, pour plusieurs raisons. Primo : mon papa s’approprie son prénom lorsqu’il cherche du plaisir et tertio, lorsqu’on commence à raconter ses perversions aux gens, ça leur donne l’impression qu’ils peuvent en faire de même. C’est genre un billet aller-retour sur la débauche morale. J’me suis dit que la meilleure chose à faire était de mettre mes soucis au placard et de m’appliquer à augmenter le haut taux de cholestérol de nos clients. Ça devait être une mauvaise phase je suppose.

Le midi suivant, quand Paulo m’a crié « Combo super club sandwich », j’ai regardé le pain, le poulet, les tomates, la mayo, la laitue, les cure-dents et le bacon. J’ai jeté un coup d’œil au Tabasco en lui faisant comprendre que j’étais pas de cette école. J’ai réalisé que je devais me tenir devant ces aliments comme s’ils étaient un ours noir. Calme, confiant, pas de mouvements brusques… les petits salauds ne doivent pas renifler ma peur. Puis un truc est arrivé. En appliquant la mayo, j’me suis tout bonnement mis à penser que tous les Arabes sont des terroristes, que les Mexicains sont des fichus fainéants et que le Klu Klux Klan me semblait une association assez chouette à intégrer. En déposant la laitue sur le poulet, j’me suis imaginé des Nazis qui débarquaient dans le grenier de la petite Anne Frank pour lui faire un coucou. En plus de me trimballer une érection qui aurait pu à elle seule détruire le mur de Berlin, j’aurais voulu mettre toutes les minorités de la planète dans un malaxeur pour m’en faire un milk-shake. Bon sang. Y a pas à dire : quand Paulo est venu chercher le combo super club sandwich, j’étais aussi perplexe que Pluton a pu l’être lorsqu’on lui a appris qu’elle était plus assez cool pour être une planète.

Individuellement parlant, le pain, le poulet et tous leurs petits copains ne me font pas le moindre effet. Je suppose que c’est comme la bombe à neutrons : enlever lui sa quantité nécessaire de tritium et vous vous retrouvez avec un pétard mouillé. J’en étais venu au constat que si je veux combattre mon ennemi, je dois connaître mon ennemi. Si Superman peut vivre au quotidien avec la menace de la kriptonyte, je peux sans doute amadouer un fichu club sandwich, non? Dans les films, quand le héros se tape des recherches sur des microfilms dans une bibliothèque sombre et poussiéreuse, il tombe toujours sur un truc qui change complètement le cours de son existence. C’est le genre de moment qui tombe à la fin du deuxième acte en général. Si vous allez aux toilettes pendant ce moment, y a de sacrées bonnes chances que vous vous mettez à vous engueuler avec votre vessie.

Puis, y a le monde réel, les recherches rapides en mangeant un pogo qui est resté froid au milieu et les renseignements toujours fiables de Wikipédia. Paraîtrait qu'un bon soir, un gars du pays de l’oncle Sam serait rentré chez lui et comme sa petite femme s’était éclipsée, il a dû préparer son repas lui-même. Histoire terrible à la Lovecraft. Affamé et très con, le pauvre homme assembla du pain grillé avec du poulet, du lard et des tomates. Échec et math. Comme le petit père faisait partie d’un club, il en a parlé à ses amis qui étaient aussi cons que lui et le sandwich se serait propagé aussi vite que l’herpès dans une résidence universitaire. Y a même une légende urbaine, du genre Candyman, qui raconte que le club sandwich était le repas favori de l'ancien roi Edouard VIII d'Angleterre.

Lorsque j’me suis couché ce soir là, j’me suis mis en mode réflexion, avec le cerveau allant au moins à vingt-sept chevaux vapeur. J’ai réalisé qu’on ne peut pas être tous des types comme Hérode, Ramses 2 et La Fayette. Pour un gars à la mâchoire carrée qui serait prêt à parcourir la planète rien que pour sauver un chiot sidatique, y a en toujours un comme moi qui baissera les yeux lorsqu’un problème cognera à sa porte. Est-ce que mes recherches m’ont été utiles face à mes érections antisémites et mes spermatozoïdes qui chantaient en chœur des hymnes propagandistes? Est-ce que j’ai osé demander à Paulo si tous les cuisiniers qu’il avait engagés avant moi fantasmait sur l’idée d’envahir l’Europe lorsqu’ils concoctaient des clubs sandwichs? La vérité, c’est que toute ma vie, j’ai fuit. J’ai lâchement abandonné tous mes navires, laissant ainsi mes moussaillons à la dérive avec un peu de rhum. Haine facile tu as, me dirait ce nain de Yoda. Au primaire, j’ai démontré le plus méprisable des mépris envers Yannick Chouinard pour la seule et unique raison qu’il était convaincu qu’il n’y avait pas plus beau mot dans la langue française que califourchon. Mon choix était et demeurera à tout jamais jujube. En secondaire trois, j’ai tout fait pour changer d’école quand mon meilleur ami de l’époque, Olivier Maltais, m’avait raconté ce rêve dans lequel il tétait les seins d’une femme enceinte pour ainsi lui voler son lait et y tremper ses Oréos.

Quand j’étais plus jeune, mon père, alias Paulo le pervers, m’a dit de ne pas juger les autres si je voulais pas qu’on me juge. Plutôt censé venant la part d’un mécanicien je trouvais. Puis j’ai réalisé qu’il avait piqué ça dans Jésus de Nazareth et comme je déteste ceux qui citent les films, j’ai pris son conseil et je l’ai apporté dans un crématorium pour qu’il soit incinéré. Bon sang. Si seulement je pouvais mettre la main sur une Dolorean volante et remonter le temps, je demanderais à mon petit papa qu’il m’en apprenne plus sur ce type qui est né en l’an zéro, qui traînait toujours avec ses douze copains et qui semblait ne pas avoir besoin de barboteurs lorsqu’il se baignait.

Je m’appelle Thomas et j’ai vingt-neuf ans. Si on veut être archi-précis, ça me fait en tout 10 723 jours. Je dirais pas non à l’idée de rencontrer une bonne petite chrétienne. Je crois que j’en suis au moment de ma vie où je le mérite. J’aime marcher en raquettes, découper et coller dans un cahier les produits dans les catalogues que je rêverais de m’acheter, m’endormir sur mon sofa tous les mercredis soirs, manger des bonbons et commencer un roman par la dernière page. Côté carrière, j’avance un peu en reculant disons. Une stagnation professionnelle. On peut pas dire que l’ambiance à mon ancien boulot était ce qu’on peut appeler très saine. Je crois que je cherche une fille simple, souriante, gentille avec les personnes âgées. Le poids m’importe peu. Quelqu’un qui mange sainement, ça serait bien. J’essaie d’éviter la malbouffe et des trucs comme les clubs sandwichs dernièrement. Question de me garder en forme si on veut…

lundi 12 avril 2010

Ok. Le pire est finalement arrivé…

La vie est difficile, ça on le sait. Tout le monde a ses craintes, ses moments moches, ses périodes d’incertitudes. Parfois, on se lève le matin et on sait qu’un tas de merdes va joyeusement nous tomber dessus. Pourquoi? Mystère et boule de gomme mes amis. Mais même le plus gigantesque des parapluies pourraient rien y faire.

Imaginez une microseconde la plus affreuse des choses qui puissent vous arriver. Fermez les yeux et faites le. Ça y est? Des trucs dégoûtants hantent votre tête? Vos plus grandes peurs prennent vie? Vous savez quoi? Je suis convaincu, plus qu’un million de fois certain, que ça l’arrive même pas à la cheville de ce qui m’est arrivé ce matin.

Bon sang! J’en tremble encore. Je crois que ça va me prendre des années pour m’en remettre…

Le matin, il me faut beaucoup de café. Noir, noir, noir. J’aime dire que j’aime mon café comme mes femmes. Je suis toujours seul à rire et y a un immense malaise. Bref, passons. Alors j’me tape mon troisième café, mon haleine empeste, et une idée de génie – encore plus grande que la découverte de la relativité – traverse mon infirme de QI : allons taper mon nom sur google. Ça pourrait être drôle? Et puis, je risque de découvrir des centaines de pages de fans extatiques qui m’adorent et qui attendent jours et nuits que je sorte un nouveau bouquin.

Non.

Alors que je viens pour fermer google, peiné de mon manque flagrant de popularité, un truc attire mon attention. C’est là que ma vie a changé à jamais; le point de non-retour. Un acteur porno se nomme Steve B. Bernard. Pour l’amour du ciel : y a un gars avec un pénis aussi long que les hot-dogs du Costco qui se nomme Steve B. Bernard! Le CV de l’artiste? Zoophilie, transsexualité, sexe avec des naines – ça, ça pique ma curiosité –, première sodomie et spécialisation dans le domaine des massages clitoridiens. Merde! Comment je peux compétitionner avec ça? Si j’avais à définir ma qualité sexuelle, je dirais que je suis plutôt bon pour mettre la musique qui convient.

Vous vous rappelez des films Highlander? Ouais, c’était des grosses merdes, je suis d’accord, mais y avait ce passage dans lequel celui qui jouait Raiden dans Mortal Kombat disait « Il ne peut qui en avoir un ». C’est vrai. Il ne peut qui avoir un seul Steve B. Bernard.

Qui survivra? Le scénariste pauvre et détesté… ou l’acteur porno au pénis titanesque? J’me demande s’ils prennent les paris à Las Vegas…

mercredi 7 avril 2010

Serais-je un être héroïque???

J’ai longtemps cru que si j’avais été un personnage de film, j’aurais été le héros. Ouais, pas de doute. C’est moi qui botterais le cul aux vilains qui en veulent à notre démocratie, j’aurais toujours en poches les répliques qui tuent et j’me serais tapé toutes les James Bond Girls. Vous savez ce que j’ai? J’ai en moi ce petit truc qu’on appelle l’étoffe des héros. Mon courage et mon leadership, contrairement à mon pénis, n’ont pas de limites et ne connaissent pas la fatigue.

Avant de m’endormir la nuit, j’ai des fantasmes. J’imagine des zombies qui envahissent mon quartier à la recherche de cerveaux bien membrés; une attaque nucléaire qui transforme les gens en mutants; un tueur masqué qui terrorise les vierges de l’école secondaire – ou primaire, la virginité étant dorénavant une chose dont on se débarrasse tôt – et des extraterrestres cherchant à envahir notre planète. Étrange? Peut-être. Mais si ça me plait autant de penser à tout ça, c’est parce que je suis toujours le héros dans ces fichus histoires. Je suis le type cool, beau garçon et drôlement brillant qui déniche le Einstein des plan pour vaincre les morts-vivants et qui démasque le tueur sadique.

Ouais, j’ai toujours cru que j’étais ce gars là. C’était aussi évident que 1375 x 3199 font 4 398 625. Et puis, une nuit cette semaine m’a prouvé le contraire…

Cette nuit-là, j’me suis endormi sur le sofa. Je sais que c’est pas trop glorieux à admettre, mais quelques fois par année, j’me fais un marathon de Buffy the Vampire Slayer. C’est génial comme série! Y a même des scènes de sexe. Ça se passe sous les draps mais à moins que j’me trompe, ça reste du fichu sexe. Passons. J’me fais réveiller par un hurlement. Est-ce la télé? Non. Le dvd est terminé. Pas trop certain de ce qui se passe, je jette un coup d’œil au cadran. 3:41 du matin. J’entends à nouveau le crie. C’est une femme. Elle hurle, pleure et beugle des Non, non, non, non, non. Bon sang! Est-ce que je suis en train de rêver? Non, parce que Buffy est pas à poil à côté de moi.

Mon premier réflexe est d’enfiler mes pantalons – pas question de sauver une princesse en détresse avec mes boxers de Bob l’éponge – et de regarder la maison voisine. Il y a une fille magnifique qui habite à côté de chez moi – je croise les doigts pour qu’elle découvre pas que je tiens ce blog à la con – et je dois avouer que je serais plutôt heureux de la sauver. Après tout, ça me donnerait enfin une raison de l’inviter à prendre un verre et de paraître cool à ses yeux. C’est fou comme je deviens déficient et inintéressant en face d’elle!

Alors je regarde sa maison. Nada. Les lumières sont éteintes. La femme recommence à hurler. Ça provient d’une autre direction. Merde, il faut agir. Je descends illico au premier étage, je prends un couteau, enfile mes chaussures et… c’est tout. J’ai pas osé en faire plus. Ma raison a eu le dessus sur mon héroïsme et ma volonté est devenue paraplégique. Là, les scénarios ont envahi mon crâne. Et si c’était une histoire liée à la mafia? Et si c’était un monstre genre Freddy ou Jason? Et si elle-même tentait de me tendre un piège pour me piquer mes organes? Vous savez la phrase qui m’est venu en tête? Mauvais endroit, mauvais moment. C’est le point de départ d’une tonne de films d’horreur et si je suis pour me retrouver un jour dans un long-métrage, j’exige que ça soit un porno. Alors je suis bêtement retourné me coucher avec ce sentiment archi agréable d’être le plus triste des nuls et le plus nul des tristes. Mais quel constat d’échec! Je rêve depuis toujours d’être Luke Skywalker ou Han Solo; mais je serais même pas digne de faire une fellation à Robin.

Cette nuit-là, j’ai pas fermé l’œil. J’imaginais le tueur m’ayant vu ou le fantôme de la femme en détresse venant me hanter. J’ai passé les jours suivants à lire le journal et à regarder les nouvelles. Dieu merci : rien sur un évènement qui se serait passé dans mon quartier tranquille de ploucs. Ouais, c’est un sacré soulagement. Mais allez dire ça à ma conscience, à mon amour-propre et à mon héroïsme…

lundi 22 mars 2010

Coucou sodomie!

Ok. Voici la scène…

Mon petit corps grassouillet et moi sommes dans un bar avec le peu de copains que j’ai. On boit des tonnes et des tonnes de bières. La raison? J’ai rien à raconter à mes amis si je suis sobre et je crois que c’est la même chose pour eux. Alors on fait ce qu’il faut pas faire : mélanger les alcools. Rapidement, je deviens plus con, les filles sont de plus en plus belles, je suis moins radin sur mes pourboires et je suis prêt à échanger des confidences. On se met à parler de sexe. Dans ces moments-là, j’ai jamais grand-chose à raconter. Je suis un menteur pitoyable et tous mes copains savent que j’me trimballe pas le pénis d’un acteur porno; alors pourquoi leur raconter n’importe quoi? Et puis, côté fantaisies sexuelles, je suis banal à un point inimaginable. Faire l’amour les lumières ouvertes représente le summum des trucs dingues que je peux faire. Je n’ai jamais loué de films pornos et j’ignore à quoi ressemble l’intérieur d’un sex shop. À un Dollarama je suppose. Pour moi, des menottes, ça sert à arrêter des criminels. De la crème fouettée, c’est pour rendre mon gâteau meilleur. Un vibrateur? Il faut bien la mélanger la fichue crème fouettée!

Mais contrairement à moi, Guillaume, lui, a toujours un truc à raconter…

- Vous sodomisez votre blonde des fois?

Malaise à la table.

- Non? Moi j’ai un truc…

J’aimerais vraiment qu’il parle moins fort. Mais pourquoi la magnifique fille à la table d’à côté me regarde comme ça? C’est pas moi le sodomiseur!

- … je le fais le matin. J’me réveille avant ma blonde, je l’embrasse, je la flatte, je lui enlève ses vêtements et… ben, c’est ça. C’est là que la magie opère!

La magie? Bon sang. Et ça lui va à sa chérie? Moi, la première pensée qui me traverse le crâne en me réveillant, c’est mon caca du matin. Je suis sexuellement arriéré ou quoi? Une chose est certaine : je pourrais plus jamais voir Guillaume de la même façon. Il sera dorénavant l’enculeur. Celui qui s’aventure dans ce que moi j’appelle le one way out. Le type qui rentre à la maison par la porte d'en arrière. Ouais, mon copain est un sodomite hétéro.

Sodomie entre deux hommes? Ça me va parfaitement. Ils peuvent pas juste se faire des fellations les petits gars. Et puis, essayez dont de faufiler votre pénis dans celui d’un autre. Même un fichu schtroumf y arriverait pas! Explorez vos fesses messieurs, vous avez ma bénédiction de bon petit catholique. Mais pourquoi sodomiser sa copine? Quand on y pense, c’est pas avouer d’une certaine façon qu’on peut être un peu gai?

Ce qui me fascine dans la sodomie, c’est tout ce qui a autours. L’avant et l’après sodomie. Y penser, c’est une chose; mais convaincre madame… comment on y arrive? On commence et par hasard, on se trompe d’orifice?

- Désolé chérie : je pensais que c’était ton vagin. Je continue ou…

Y a aussi le fait d’en parler. C’est possible? Absolument. Mais merde : la conversation pourrait ressembler à quoi?

- Qu’est-ce qu’on fait ce soir?
- Hum… on pourrait sortir, prendre un verre, sodomie, regarder un film, crème glacée, sodomie. L’ordre est pas super important ma belle.

Ok : peut-être que madame adore ça. Ça se peut. On le hurle pas sur tous les toits mais c’est fort plausible. Mais pour le savoir, elle a du le faire avant de me connaître et ça, c’est loin de me plaire. Tu rencontres une fille qui a trente ans. Sera-t-elle vierge? Si la réponse est positive, elle a soit passé toute sa vie dans un couvent ou dans un institut psychiatrique. Mais qu’elle me raconte que des messieurs avant moi ont joué à Indiana Jones dans ses fesses, moi, ça me donne envie de tout faire pour qu’elle me retrouve jamais. Et puis, qu’est-ce que je pourrais raconter à sa mère à noël?

- Est-ce que vous aussi vous aimez la sodomie? C’est héréditaire dans votre famille?

Le sexe est une chose carrément étrange et déroutante lorsqu’on y pense. Peut-être que tous mes voisins sont des sales pervers? Peut-être que mon patron aime uriner sur ses partenaires? Peut-être que le type qui travaille au dépanneur en face de chez moi se fait asphyxier lorsqu’il a un orgasme? Peut-être que mon oncle est extrêmement intime avec son chat? Peut-être que mes parents pratiquent la sodomie? Peut-être que je m’en vais directement aux toilettes pour dégueuler…

samedi 27 février 2010

Fausse pub

Un petit lien pour une fausse pub que j'ai écrite avec Ludovic Spénard, réalisateur gagnant de la dernière édition de "Fais ça court".
C'était en pleine folie de la grippe H1N1 - ça ferait tout un nom pour un boys band - et même si c'est pas vraiment dans mon style d'écriture habituel, je la trouve cool. La réalisation est excellente et les effets, eux, très réussis...