lundi 9 novembre 2009

Pop, filles, etc.

Cette semaine, alors que j’me tapais une sieste d’après-midi, un coup de fil m’a appris que j’allais obtenir du financement pour un deuxième long-métrage. Roulement de tambours, sortez les trompettes. Deux en quelques mois ; en terme de joueur de baseball, ça ferait une moyenne au bâton pas si mal. Si seulement ça pouvait payer les factures qui s’accumulent et faire en sorte que mes parents cessent de dire aux voisins qu’ils n’ont pas fils…

Qu’est-ce que j’ai pu bien faire pour célébrer la bonne nouvelle? Comment petit Steve b et le cul gigantesque qu’il se trimballe fait étalage de sa joie? Se saoule t-il? Pas d’argent. Appelle t-il des copains? Pas de copains. Se commande t-il de la bouffe? Il essaie de maigrir. A t-il du sexe? Encore une fois, pas d’argent. Écoute t-il de la musique et se tape t-il un film qu’il a déjà vu au moins 937 fois? Bravo! Vous méritez une laveuse sécheuse de l’année!

Je suis obsédé par la musique depuis que j’ai 11 ans. Je pense sans arrêt aux groupes que j’aime et à tous ceux que je déteste. J’me rappelle d’avoir volé la cassette « Fear of the Dark » d’Iron Maiden dans un… Woolco. Et ouais : l’ancêtre préhistorique de ce sympathique Wallmart. Malgré le fait que j’avais 13 ans, le suicide de Kurt Cobain m’a troublé pendant des semaines… ça et le fait que toutes les bons dieux de filles de ma classe décidaient de se faire pousser des seins. Ado, mon corps complexé sans poils n’a porté que des t-shirts de Megadeth, Pearl Jam, R.E.M, les Stooges, Beck, les Pixies et des Sex Pistols. Comme un véritable arriéré social, j’ai toujours considéré Bob Dylan, Leonard Cohen, Neil Young, Lou Reed et Elliott Smith comme des copains. J’ai bossé des années comme disquaire et j’ai tellement acheté de disques grâce à mon rabais d’employé qu’au bout du compte, je crois avoir gagné un total de 7 dollars. Salon remplie de cds? Ouep. Possibilité de sortir dans un bar et payer des verres à une jolie dame pour altérer sa vision? Nope.

Et les films eux… bon sang que j’ai perdu une partie de ma vie à regarder sur un écran la vie des autres. Vous savez quoi? J’ai zéro regret là-dessus. Ça valait fichtrement la peine. Des chefs-d’oeuvre comme « Trainspotting », « The Shining », « Goodfellas » et « Fight Club » ont changé ma façon de voir les choses. Quelles choses? Honnêtement, je sais pas trop. Je trouvais que ça sonnait bien. Pendant que les enfants de mon âge jouaient dehors et développaient ce petit truc que les scientifiques ont nommé « la vie sociale », moi je m’émerveillais devant « Evil Dead », « Back to the Future », « Fright Night » et « Pump up the Volume ». Y a des gens qui escaladent des montagnes et qui parcourent la planète comme des globe-trotters ; puis y a ceux comme moi qui regardent des gens escalader des montagnes et parcourir la planète comme des globe-trotters. Je suis un observateur qui se mouille jamais à l’action. C’est un rôle de froussard qui convient parfaitement au trouillard que je suis.

Les disques, les films et les filles se sont avérés mes obsessions. Tous mes souvenirs sont accompagnés de références cinématographiques et d’une bande sonore. J’aime croire que c’est peut-être un juste retour de l’ascenseur que je sois devenu scénariste et que j’écrive sur ces trucs. Y a quelque chose de poétique là-dedans, non?

Malheureusement, la réalité est que je suis un geek qui a placé ses priorités aux mauvais endroits ; une personne qui a peu de talents dans n’importe quel domaine, qui déteste les Trekkies et qui s’entête à rester le petit gars fasciné par Bill Murray et « Ghostbusters »…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire