jeudi 1 octobre 2009

Quand personne ne veut vous retrouver à des retrouvailles

Ok, ok, je l’avoue : j’ai une fichue obsession sur la notion des retrouvailles des dix ans de fin secondaire. J’me suis tapé tous les films sur le sujet – ah, les nombreuses heures perdues que j’aurais sans doute perdues à convaincre ma conjointe de jouer avec mon pénis – et j’ai même pondu un horrible synopsis de série télé qui tourne autour de ça. Qu’est-ce que ça raconte? Vous pensez que je pourrais être assez stupide pour balancer ça et ainsi, me faire piquer mon idée par l’une des trois personnes qui lit mon blog?

Je suis sans doute assez arriéré pour le faire.

Samedi dernier, j’ai célébré à mon ancienne école le fait que j’ai doublé de poids depuis la fin de mon secondaire. Autant que le sujet me fascine ; autant que j’y allais de reculons avec le nez bouché. Quand j’y pense rien qu’une microseconde, c’était loin d’être des années dorées : les filles voulaient pas coucher avec moi, les gars populaires me détestaient, les filles moches voulaient coucher avec moi et les rejets m’adoraient. Wonder years mon cul. Et je parle même pas de la voix qui mue pendant les exposées oraux, l’acné qui vous rapproche de l’homme éléphant, les cheveux gras, les gâteaux Vachon, les cours de catéchèse et les urinoirs collés… qui, malheureusement, vous permettent de constater que Dieu a donné des qualités à d’autres et que parfois, on aimerait mieux qu’il nous ai donné autre chose qu’une belle personnalité.

Alors j’me rends aux retrouvailles avec l’excitation des funérailles. Qu’est-ce qui m’attend? Bon sang : à quoi ça peut ressembler? On va me péter la gueule? Les treize plus belles filles vont me réserver une surprise en me proposant un trip à quatorze? On va baisser mon pantalon et se demander comment j’ai pu faire des enfants avec ça? Un discours visant à me féliciter sur le fait que je suis constamment fauché? Des demandes incessantes d’autographes? J’me suis définitivement trop tapé de films pour adolescentes. Lorsque je suis arrivé, j’ai approché un type qui me disait rien et je lui ai posé une question primordiale. Vous savez, LA question…

- Excuse-moi. Le kiosque à bières est où?
- Au fond de la salle. Heille Steve! T’as pris du poids.

Ça commence à merveille. Je peux rentrer à la maison et regarder un film porno sur Super Écran? Y a grosso modo cent cinquante-trois personnes qui me séparent du breuvage qui a fait en sorte que j’me suis parfois réveillé au côté de filles que je détestais. Alors je m’y rends de la façon la plus classe possible : en regardant par terre et en évitant tout contact visuel. Ce qui m’intéresse, c’est avaler rapidement de l’alcool de mauvaise qualité. Ça serait encore mieux avec une paille.

- Alors pourquoi t’as pas bu tout seul chez toi?

Ah, ta gueule la conscience!

J’ai commencé à parler ici et là. Rien de tragique, rien de formidable. J’ai bu, suis devenu plus sympathique, ai eu constamment envie de pisser et j’ai réalisé une chose : rien change avec le temps. Ouais, je suis plus moche, mon visage se cache derrière une barbe et mon cul s’affirme comme un pays indépendant ; mais je suis aussi con qu’à l’époque et les seuls gens qui m’intéressent, ce sont les autres cons. J’aime les saoulons, ceux qui portent la moustache et qui répondent « Rien » lorsqu’on leur demande ce qu’ils font de leur vie. C’est une bataille constante, mais je tente d’être le plus vrai possible. Si quelqu’un m’emmerde, j’irais pas lui parler de la météo juste pour me dire que c’est moins embarrassant que le silence. J’ai pas salué les gens que je détestais lorsque j’étais ado et ils ont fait la même chose. C’est le cours des choses. J’ai retrouvé la bande de gars que j’avais pas vus depuis une décennie. On a laissé tomber les conversations d’adulte et on a parlé des mêmes conneries qu’à l’époque. Ça va. Dans la boîte de souvenirs, j’ai même écris que j’me touche le petit soldat en pensant à mon ancienne prof de religion. Si j’me fis aux années, elle doit approcher les quatre cent vingt-neuf livres. J’ai laissé mon numéro de téléphone… toujours pas de retour d’appel. Salope!

Généralement parlant, ce fut décevant, satisfaisant, ennuyant et quasiment réconfortant. Le temps avance mais on reste tous un peu fixé à une même époque. Et merci Rémy de me dire que je devrais passer plus de temps sur mon blog…

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