mercredi 30 septembre 2009

Je suis un meurtrier un dimanche

Pour une raison qui m’échappe, je suis une personne hyper haineuse. J’admire les gens zen mais en même temps, ils me font tellement chier que si l’occasion se pointait, c’est avec grand plaisir que je leur administrerais une raclée. Je m’engueule à un point tel dans une semaine qu’il n’y a qu’une mort qui m’attend : seule, longue et emmerdante. On m’appelle tellement peu que je pourrais débrancher ma ligne téléphonique et ça ne changerait strictement rien.

Est-ce que tout ça me va? Grosso modo, ouais. J’en tire pas une fierté de vouloir casser la gueule au reste de la planète et de traiter de gros porcs impuissants tous ceux qui me dépassent en voiture sans mettre de clignotant ; mais je suis incapable de respirer le même air que ceux qui me manquent de respect. Ce qui a de plutôt drôle, c’est que les innombrables personnes qui peuvent pas me sentir pourraient dire la même chose de moi.

Et puis, l’autre nuit, j’ai fait un rêve merveilleux. C’était si doux que j’me croyais dans une comédie musicale à la con. Je faisais une fête chez moi – ça n’arrivera jamais mais bon, mon cerveau déconne dans mon sommeil – et il y avait un nain qui voulait coucher avec ma copine. Comme je suis un type jaloux et que je crains la compétition autant que les boutons puants sur mon pénis, je vais voir mon ami qui est aussi grand que ma cafetière et je lui dis d’arrêter. J’me la joue un peu arrogant car j’me sens grand. Il me répond d’aller me faire foutre et va se chercher une Guinness dans mon frigo. Ok : tu veux faire de la lutte à poil avec ma femme? Je peux jongler avec ça. Mais tu me piques pas ma Guinness tête de nœud. T’as vu comment ça coûte?

Je vais au frigo, j’enlève le sac de pommes dans le compartiment des fruits et j’y place mon nain obsédé. Je ferme la porte et retourne à la fête. Y a des chips, quatre personnes… on se remet pas d’une soirée aussi intense. C’est le genre de truc qui traverse les âges. On arrive à la nuit. J’me réveille et comme mon cul s’expansionne de jour en jour, je retourne au frigo pour manger le repas que ma copine s’est préparé pour le lendemain. Vous me voyez venir un kilomètre à la ronde : mon nain est frigorifié! Fini les petites joues rouges. Au lieu de paniquer, je mange comme prévu, je vais aux toilettes sans regarder le miroir – fichue phobie d’y voir Bloody Mary – et je retourne au lit.

J’me suis réveillé, essuyé la bave sur ma bouche, touché subtilement le sein à ma conjointe – pour ceux que ça intéresse, elle en a deux – et j’me suis fait une séance de gymnastique mentale. Pourquoi on ne tue pas son prochain? D’accord : y a des raisons à la tonne. La prison, la culpabilité, la chrétienté, le fait de devoir envoyer nos vêtements maculés de sang chez un nettoyeur, etc. Imaginons un monde dans lequel le meurtre est permis. Certes ; on m’aurait fait la peau depuis un siècle mais quand j’y pense rien qu’un peu, la planète serait déserte trois semaines plus tard.

Et si on m’accordait le droit d’un meurtre, je crois vraiment que j’y prendrais goût et que je deviendrais pratiquement illico un assassin du dimanche…

2 commentaires:

  1. Nique ta mere tout simplement petit connard !

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  2. Je lui ai demandé mais elle m'a dit que mon père serait contre, charmant et sympathique anonyme...

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